Odronextamab

Anticorps bispécifique CD20xCD3 (molécule engageant les lymphocytes T)

L’odronextamab est un anticorps bispécifique humain de type IgG4 qui se lie au CD20 des lymphocytes B et au CD3 des lymphocytes T, rapprochant les deux cellules afin que les lymphocytes T détruisent les lymphocytes B malins. Dans l’UE, sous autorisation de mise sur le marché conditionnelle, il est utilisé en monothérapie chez l’adulte atteint d’un lymphome folliculaire ou d’un lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) en rechute ou réfractaire après deux lignes ou plus de traitement systémique. Il est administré par perfusion intraveineuse à l’hôpital : doses d’escalade au cours d’un premier cycle de 21 jours, doses complètes hebdomadaires lors des cycles 2 à 4, puis traitement d’entretien toutes les 2 semaines (toutes les 4 semaines après 9 mois de réponse complète), avec une prémédication au début. Le syndrome de relargage des cytokines est la réaction la plus fréquente (54 %) et peut être grave ou engager le pronostic vital ; les patients restent donc à proximité d’un établissement de santé qualifié pendant au moins 24 heures après chaque dose d’escalade et après la première dose complète. La toxicité neurologique, les infections graves et le syndrome de lyse tumorale nécessitent également une surveillance.

Disponible sous les noms de marque

Ce principe actif est commercialisé sous les noms de marque suivants, selon la région et le fabricant :

  • Ordspono ®

Les noms de marque sont des marques déposées de leurs propriétaires respectifs. Pharmalogistic ne représente, ne fabrique ni ne distribue les produits de marque énumérés ci-dessus.

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Questions fréquentes

Odronextamab : à quoi sert ce médicament ?

L’odronextamab est un anticorps bispécifique humain de type IgG4 qui se lie au CD20 des lymphocytes B et au CD3 des lymphocytes T, rapprochant les deux cellules afin que les lymphocytes T détruisent les lymphocytes B malins.

Odronextamab : faut-il une ordonnance ?

Oui. Odronextamab est un médicament soumis à prescription médicale. Une ordonnance valide d'un médecin agréé est requise, et les règles de prescription du pays de destination sont vérifiées avant toute expédition.

Odronextamab : quelles sont les conditions de conservation ?

Conserver Odronextamab à 2–8 °C ; ne pas congeler ; protéger de la lumière, dans l'emballage d'origine, à l'abri de la lumière et hors de la portée des enfants. Après première utilisation : Solution diluée : jusqu’à 24 heures à 2–8 °C pour toutes les doses ; à 20–25 °C jusqu’à 12 heures pour les doses de 0,5 mg ou plus et jusqu’à 6 heures pour la dose de 0,2 mg avec de l’albumine humaine ; d’un point de vue microbiologique, à utiliser immédiatement.

Odronextamab : une expédition réfrigérée (chaîne du froid) est-elle nécessaire ?

Oui. Odronextamab doit rester à 2–8 °C ; ne pas congeler ; protéger de la lumière ; l'expédition se fait donc dans un emballage isotherme avec des éléments réfrigérants dimensionnés pour la durée totale du transit, afin que la chaîne du froid reste ininterrompue de l'expédition à la livraison.

Odronextamab : sous quels noms de marque ce principe actif est-il commercialisé ?

On trouve Odronextamab sous les noms de marque Ordspono, selon le pays et le fabricant. Les noms de marque sont des marques de leurs propriétaires respectifs ; Pharmalogistic ne représente ni ne distribue les produits de marque.

Odronextamab : quels dosages sont disponibles ?

Odronextamab est disponible dans les dosages suivants : 2 mg/1 ml concentré pour solution pour perfusion, 80 mg/4 ml concentré pour solution pour perfusion, 320 mg/16 ml concentré pour solution pour perfusion. Le dosage approprié et le schéma posologique sont déterminés par le médecin traitant.

Odronextamab : quelle est sa durée de conservation ?

La durée de conservation de Odronextamab est de 3 ans (flacon non ouvert) lorsque les conditions de conservation recommandées sont respectées. Ne pas utiliser après la date de péremption indiquée sur l'emballage.

Informations médicales et recommandations

Pharmacologie, indications et profil de sécurité de ce principe actif

Action pharmacologique

L’odronextamab est un anticorps bispécifique recombinant humain de type immunoglobuline G4 (IgG4), produit dans des cellules ovariennes de hamster chinois. Un bras se lie au CD20, un antigène de surface présent sur les lymphocytes B normaux et malins, et l’autre se lie au CD3, qui fait partie du complexe du récepteur des lymphocytes T. Il redirige ainsi les propres lymphocytes T du patient contre le lymphome à cellules B.

Mécanisme d’action

  • Engagement des lymphocytes T : la liaison simultanée aux deux cibles forme une synapse entre un lymphocyte T et une cellule exprimant le CD20. Le lymphocyte T est activé et une réponse cytotoxique polyclonale des lymphocytes T s’ensuit, ce qui entraîne une lyse redirigée des cellules ciblées, notamment les lymphocytes B malins.
  • Déplétion des lymphocytes B : aux doses recommandées, le nombre médian de lymphocytes B circulants chez les patients ayant des lymphocytes B détectables à l’inclusion est tombé à des niveaux indétectables (moins de 1 cellule/microlitre) à la semaine 4, après la première dose de 80 mg (lymphome folliculaire) ou de 160 mg (LDGCB), et est resté déplété pendant le traitement.
  • Libération de cytokines : des élévations transitoires de l’IL-2, de l’IL-6, de l’IL-10, du TNF-alpha et de l’interféron gamma ont été observées à partir de 0,2 mg. Avec le schéma d’escalade de dose recommandé, les taux ont atteint un pic dans les 24 heures suivant chaque perfusion du cycle 1, généralement au cours des deux premières semaines, et sont revenus aux valeurs initiales avant la perfusion suivante ; les doses ultérieures ont libéré peu de cytokines.
  • Immunogénicité : des anticorps anti-odronextamab ont été retrouvés chez 1,5 % (6 sur 400) des patients ; aucun anticorps neutralisant n’a été observé.

Pharmacocinétique

  • Exposition : étudiée dans le lymphome non hodgkinien à cellules B de 0,03 mg à 320 mg. Pendant l’escalade de dose, la disposition dépend de la concentration et du temps ; à partir de 80 mg, le profil est linéaire et proportionnel à la dose à l’état d’équilibre. Les pics médians prévus (Cmax) sont de 44,7 mg/l dans le lymphome folliculaire à 80 mg par semaine et de 67,9 mg/l à 160 mg toutes les 2 semaines, et de 98,2 mg/l dans le LDGCB à 160 mg par semaine et de 147 mg/l à 320 mg toutes les 2 semaines.
  • Distribution : volume de distribution à l’état d’équilibre d’environ 9,34 l (coefficient de variation de 48,5 %).
  • Métabolisme : devrait être dégradé en petits peptides par les voies cataboliques.
  • Élimination : deux processus parallèles, l’un catabolique linéaire et non saturable, l’autre non linéaire et saturable, médié par la cible, avec une clairance plus élevée aux doses plus faibles. Après la dernière dose à l’état d’équilibre de 160 mg toutes les 2 semaines, il a fallu 19 semaines pour que les concentrations tombent à la limite inférieure de quantification (12 semaines pour atteindre 1 % de la Cmax médiane) ; après 320 mg toutes les 2 semaines, 24 semaines (16 semaines pour atteindre 1 % de la Cmax médiane).
  • Populations particulières : aucun ajustement posologique chez les patients âgés, en cas d’insuffisance rénale ou d’insuffisance hépatique légère à modérée ; l’insuffisance hépatique sévère n’a pas été étudiée.

Indications

Ordspono en monothérapie est indiqué chez les patients adultes atteints de :

  • Lymphome folliculaire : lymphome folliculaire en rechute ou réfractaire (LF r/r) après deux lignes ou plus de traitement systémique.
  • Lymphome diffus à grandes cellules B : lymphome diffus à grandes cellules B en rechute ou réfractaire (LDGCB r/r) après deux lignes ou plus de traitement systémique.

Contre-indications

  • Hypersensibilité à l’odronextamab ou à l’un des excipients.

Effets indésirables

Les réactions les plus fréquentes étaient le syndrome de relargage des cytokines (SRC, 54 %), la neutropénie (41 %), la pyrexie (39 %), l’anémie (38 %), la thrombocytopénie (27 %), la diarrhée (24 %) et la COVID-19 (22 %). Les réactions sévères (de grade 3 ou supérieur) les plus fréquentes étaient la neutropénie (34 %), l’anémie (19 %), la thrombocytopénie (13 %), la lymphopénie (12 %), la pneumonie (10 %), la leucopénie (9 %), la COVID-19 (8 %), l’hypokaliémie (6 %) et l’hyperglycémie (5 %). Les réactions graves les plus fréquentes étaient le SRC (14 %), la pneumonie (9 %), la COVID-19 (9 %) et la pyrexie (6 %). Les perfusions ont été interrompues en raison d’une réaction chez 16 % des patients, et le traitement a été arrêté chez 14 % (le plus souvent pour COVID-19 2,4 %, pneumonie 1,3 % et encéphalopathie 0,8 %). Les fréquences proviennent de 372 patients (153 atteints de LF, 219 de LDGCB) ayant reçu l’odronextamab seul ; les chiffres relatifs au SRC et aux réactions liées à la perfusion proviennent de 197 patients ayant reçu le schéma d’escalade de dose recommandé.

Très fréquents (≥1/10) : COVID-19, pneumonie, infection à cytomégalovirus, infection des voies respiratoires supérieures, infection des voies urinaires, infection à virus herpétique, anémie, neutropénie, thrombocytopénie, leucopénie, lymphopénie, syndrome de relargage des cytokines, hypokaliémie, diminution de l’appétit, hyperglycémie, hyponatrémie, hypophosphatémie, insomnie, céphalées, hypotension, toux, dyspnée, diarrhée, nausées, douleur abdominale, constipation, vomissements, éruption cutanée, douleur musculosquelettique, pyrexie, fatigue, œdème, augmentation de l’ALAT, augmentation de l’ASAT, réaction liée à la perfusion.

Fréquents (≥1/100 à <1/10) : infection des voies respiratoires, infection fongique, sinusite, sepsis, bactériémie, poussée tumorale, neutropénie fébrile, hypomagnésémie, hypoalbuminémie, modifications de l’état mental, neuropathie périphérique, tachycardie, maladie pulmonaire interstitielle, augmentation de la gamma-glutamyltransférase, augmentation de la bilirubine sanguine.

Peu fréquents (≥1/1 000 à <1/100) : syndrome de lyse tumorale, aphasie, neurotoxicité, syndrome de neurotoxicité associé aux cellules effectrices immunitaires (ICANS).

Réactions graves importantes :

  • SRC : avec le schéma d’escalade de dose recommandé, il est survenu chez 58 % des patients atteints de LF (grade 1 47 %, grade 2 10 %, grade 3 1,3 %) et chez 52 % de ceux atteints de LDGCB (grade 1 35 %, grade 2 16 %, grade 3 0,8 %). Le délai médian d’apparition était d’environ 20 heures après la fin d’une perfusion et la durée médiane de 2 jours ; 96 % des patients atteints de SRC ont eu leur premier épisode pendant l’escalade de dose ou la première dose complète. L’incidence et la sévérité ont diminué avec la poursuite du traitement.
  • Infections graves : 44 % dans le LF et 33 % dans le LDGCB ; les infections d’issue fatale dans les 90 jours suivant la dernière dose sont survenues chez 8 % et 9 %, beaucoup en raison de la COVID-19.
  • Toxicité neurologique : les plus fréquentes étaient les céphalées (13 %), les sensations vertigineuses (8 %), l’anxiété (4,3 %), l’état confusionnel (3,5 %) et l’encéphalopathie (3 %) ; des réactions neurologiques de grade 3 ou 4 sont survenues chez 7 %, et un patient (0,3 %) a présenté un ICANS de grade 2.
  • Syndrome de lyse tumorale chez 0,5 % (2 patients, tous deux de grade 3) et poussée tumorale chez 3,5 %.

Interactions médicamenteuses

Aucune étude d’interaction n’a été réalisée.

  • Substrats du CYP450 : l’instauration d’Ordspono provoque une élévation transitoire des cytokines, qui peut supprimer l’activité des enzymes du CYP450. Le risque est le plus élevé au cycle 1 chez les patients prenant des substrats du CYP450, en particulier ceux à marge thérapeutique étroite (par exemple la warfarine, la ciclosporine ou la théophylline). Une surveillance thérapeutique doit être envisagée lors de l’instauration d’Ordspono.
  • Vaccins vivants : les vaccins vivants et vivants atténués ne doivent pas être administrés en même temps qu’Ordspono.

Administration et posologie

Ordspono doit être administré uniquement sous la supervision d’un professionnel de santé expérimenté dans le diagnostic et le traitement du cancer, ayant accès à un soutien médical approprié pour prendre en charge un SRC sévère. Au moins une dose de tocilizumab pour le SRC doit être disponible avant l’administration du cycle 1, avec un accès à une dose supplémentaire dans les 8 heures suivant l’utilisation de la précédente. Les patients doivent être bien hydratés.

Prémédication et médicaments de soutien

  • Une prémédication est requise pour chaque dose du cycle 1 et aux jours 1 et 8 du cycle 2, et une post-médication aux jours 3, 10 et 17 du cycle 1 et au jour 2 du cycle 2. Elle peut être poursuivie au-delà du jour 8 du cycle 2 jusqu’à ce qu’une dose soit tolérée sans SRC ni réactions liées à la perfusion.
  • Le tableau 1 du RCP fixe les doses. Au cycle 1, avant chaque perfusion : dexaméthasone 10 mg par voie orale 12 à 24 heures avant (omise aux jours 2, 9 et 16 si les perfusions sont administrées des jours consécutifs) et 20 mg par voie intraveineuse 1 à 3 heures avant, plus diphénhydramine 25 mg (ou un antihistaminique équivalent) et paracétamol 650 à 1 000 mg, tous deux 30 à 60 minutes avant ; aux jours 3, 10 et 17, dexaméthasone 10 mg par voie orale 24 heures après la perfusion. Au cycle 2 : dexaméthasone 20 mg par voie intraveineuse 1 à 3 heures avant la dose du jour 1 et 10 mg par voie intraveineuse avant la dose du jour 8 (20 mg si un SRC ou une réaction liée à la perfusion est survenu avec la dose du jour 1), avec le même antihistaminique et le paracétamol, et dexaméthasone 10 mg par voie orale 24 heures après la perfusion du jour 1. Le tableau du RCP donne le calendrier complet jour par jour.
  • Une prophylaxie contre les infections, le syndrome de lyse tumorale et les réactions gastro-intestinales induites par les corticoïdes est également recommandée.

Dose recommandée

Les cycles 1 à 4 durent 21 jours. Chaque dose n’est administrée que si la dose précédente a été tolérée, et le traitement se poursuit jusqu’à progression de la maladie ou toxicité inacceptable.

  • Cycle 1, escalade de dose (perfusions de 4 heures, les deux indications) : 0,2 mg au jour 1, 0,5 mg au jour 2, 2 mg aux jours 8 et 9, et 10 mg aux jours 15 et 16.
  • Cycles 2 à 4 (jours 1, 8 et 15) : 80 mg pour le LF r/r ou 160 mg pour le LDGCB r/r. La perfusion du jour 1 du cycle 2 dure 4 heures ; si elle est tolérée, les perfusions à partir du jour 8 du cycle 2 peuvent être raccourcies à 1 heure.
  • Traitement d’entretien toutes les 2 semaines : à partir de 1 semaine après la fin du cycle 4, 160 mg (LF r/r) ou 320 mg (LDGCB r/r) en perfusion de 1 heure.
  • Traitement d’entretien toutes les 4 semaines : les patients en réponse complète pendant 9 mois passent à la même dose d’entretien toutes les 4 semaines.

Reprise après un retard de dose

Le tableau 3 du RCP fixe les règles de reprise selon le cycle et la durée du retard. En général, si le retard est court, la dose programmée suivante est administrée ; pour les retards plus longs, une étape antérieure est répétée ; et le traitement reprend à 0,2 mg si plus de 3 jours s’écoulent après la dose de 0,2 mg, 2 semaines ou plus après la dose de 0,5 mg, plus de 4 semaines après les doses de 2 mg, plus de 5 semaines après les doses de 10 mg, ou plus de 10 semaines à partir du cycle 2 (y compris l’entretien). La prémédication est de nouveau administrée comme indiqué dans le tableau 1 du RCP.

Prise en charge du syndrome de relargage des cytokines

Le SRC est identifié d’après le tableau clinique, et les autres causes de fièvre, d’hypoxie et d’hypotension sont évaluées et traitées. En cas de suspicion de SRC, Ordspono est suspendu jusqu’à sa résolution, avec un traitement de soutien (soins intensifs en cas de SRC sévère ou engageant le pronostic vital). Après un SRC de grade 1, 2 ou 3, une prémédication est administrée avant la dose suivante et le patient est surveillé plus fréquemment.

  • Grade 1 (fièvre ≥38 °C) : suspendre la perfusion et prendre en charge selon les recommandations de pratique actuelles ; en cas d’âge avancé, de comorbidités ou de fièvre ne répondant pas aux antipyrétiques, envisager la dexaméthasone et/ou le tocilizumab. Reprendre lorsque les symptômes disparaissent.
  • Grade 2 (fièvre avec hypotension ne nécessitant pas de vasopresseurs et/ou hypoxie nécessitant de l’oxygène à faible débit) : suspendre et administrer de la dexaméthasone et/ou du tocilizumab. Reprendre lorsque les symptômes disparaissent ; pour la dose suivante, surveiller plus fréquemment et envisager une hospitalisation. Un SRC de grade 2 récurrent est pris en charge comme un SRC de grade 3.
  • Grade 3 (fièvre avec hypotension nécessitant un vasopresseur et/ou hypoxie nécessitant de l’oxygène à haut débit) : suspendre, administrer de la dexaméthasone et/ou du tocilizumab et un traitement de soutien, pouvant comprendre des soins intensifs. Lorsque les symptômes disparaissent, administrer la dose suivante au moins 5 jours après la précédente, à l’hôpital. Si le SRC est survenu au jour 1 ou 2 du cycle 1, répéter respectivement la dose de 0,2 mg ou de 0,5 mg ; s’il est survenu au jour 8 du cycle 1 ou plus tard, réduire à 50 % de la dernière dose reçue. En l’absence de récidive, terminer l’escalade de dose et poursuivre selon le calendrier. En cas de SRC réfractaire, envisager un traitement anti-cytokines ou immunosuppresseur alternatif.
  • Grade 4 (fièvre avec hypotension nécessitant plusieurs vasopresseurs et/ou hypoxie nécessitant de l’oxygène sous pression positive) : arrêter définitivement ; prendre en charge avec de la dexaméthasone et/ou du tocilizumab et un traitement de soutien, pouvant comprendre des soins intensifs.
  • Doses : dexaméthasone 10 à 20 mg par jour par voie intraveineuse (grades 1 et 2) ou 10 à 20 mg par voie intraveineuse toutes les 6 heures (grades 3 et 4) ; tocilizumab 8 mg/kg par voie intraveineuse sur 1 heure, sans dépasser 800 mg par dose.

Prise en charge de la toxicité neurologique

Dès le premier signe de toxicité neurologique, y compris d’ICANS, envisager une évaluation neurologique, écarter les autres causes et administrer un traitement de soutien, pouvant comprendre des soins intensifs.

  • ICANS de grade 1 (score ICE de 7 à 9, ou s’éveille spontanément) : suspendre jusqu’à résolution ; soins de soutien (surveillance, envisager un avis neurologique et une imagerie, envisager une prophylaxie des convulsions par un antiépileptique non sédatif tel que le lévétiracétam) ; envisager la dexaméthasone, et le tocilizumab en cas de SRC concomitant.
  • ICANS de grade 2 (score ICE de 3 à 6, ou s’éveille à la voix) : suspendre jusqu’à résolution ; soins de soutien comme pour le grade 1 ; dexaméthasone 10 mg par voie intraveineuse, réévaluée et répétée toutes les 6 à 12 heures jusqu’à résolution ou retour à l’état initial ; tocilizumab en cas de SRC concomitant.
  • ICANS de grade 3 (score ICE de 0 à 2, s’éveille uniquement au toucher, convulsions, ou pression intracrânienne élevée avec œdème focal à l’imagerie) : arrêter définitivement ; soins de soutien ; dexaméthasone 10 mg par voie intraveineuse toutes les 6 heures ou méthylprednisolone 1 mg/kg par voie intraveineuse toutes les 12 heures ; tocilizumab en cas de SRC concomitant.
  • ICANS de grade 4 (score ICE de 0, patient non éveillable, stupeur ou coma, convulsions engageant le pronostic vital ou répétitives, déficit moteur focal profond ou signes d’élévation de la pression intracrânienne ou d’œdème cérébral) : arrêter définitivement ; envisager des soins intensifs et une ventilation mécanique pour protéger les voies aériennes ; corticoïdes à forte dose ; mesures standard en cas d’élévation de la pression intracrânienne avec avis neurochirurgical ; tocilizumab en cas de SRC concomitant.
  • Toxicité neurologique autre que l’ICANS : pour le grade 2 ou 3, suspendre jusqu’à amélioration des symptômes au grade 1 ou à l’état initial, administrer un traitement de soutien et envisager une évaluation neurologique ; pour le grade 4, arrêter définitivement.
  • Une prophylaxie antifongique est recommandée, selon l’indication clinique, chez les patients recevant des corticoïdes pour un SRC ou une toxicité neurologique.

Autres effets indésirables

  • Réactions liées à la perfusion : grade 2, interrompre et prendre en charge, puis reprendre à 50 % du débit de perfusion et augmenter selon la tolérance ; grade 3, interrompre, et après résolution attendre 24 heures et répéter la dose (réduite de 50 % pour les doses de 2 mg ou plus) ; grade 4, arrêter définitivement.
  • Infections : suspendre Ordspono chez les patients ayant une infection active jusqu’à sa résolution ; pour le grade 4, envisager un arrêt définitif.
  • Syndrome de lyse tumorale (grade 3 ou 4) : suspendre et prendre en charge selon la pratique habituelle. Après résolution complète, reprendre à 0,2 mg si la dose était de 0,5 mg ou moins ; reprendre à 50 % de la dernière dose si elle était de 2 mg ou plus. Respecter au moins 2 jours entre deux doses consécutives jusqu’à la fin du cycle 1.
  • Neutropénie (neutrophiles inférieurs à 0,5 × 10⁹/l) et thrombocytopénie (plaquettes inférieures à 50 × 10⁹/l) : suspendre jusqu’à ce que les neutrophiles soient à 0,5 × 10⁹/l ou plus et les plaquettes à 50 × 10⁹/l ou plus.
  • Autres effets indésirables : grade 3, suspendre jusqu’à résolution au grade 1 ou à l’état initial, puis poursuivre ; grade 4, arrêter définitivement (les anomalies biologiques transitoires de grade 4 permettent de reprendre le traitement après retour au grade 1 ou à l’état initial).

Populations particulières

  • Sujets âgés : aucun ajustement posologique.
  • Insuffisance rénale : aucun ajustement posologique.
  • Insuffisance hépatique : aucun ajustement en cas d’insuffisance légère à modérée. Non étudié en cas d’insuffisance sévère (bilirubine totale supérieure à 3 fois et jusqu’à 10 fois la limite supérieure de la normale, quelle que soit l’ASAT), de sorte qu’aucune recommandation posologique ne peut être faite.
  • Enfants et adolescents : la sécurité et l’efficacité avant l’âge de 18 ans n’ont pas été établies ; aucune donnée n’est disponible.

Mode d’administration

Voie intraveineuse uniquement, après dilution. Le premier cycle est une perfusion de 4 heures ; si le jour 1 du cycle 2 est toléré, les perfusions suivantes peuvent être raccourcies à 1 heure. Administrer par une ligne de perfusion dédiée, jamais en injection intraveineuse rapide ni en bolus. Diluer en respectant les règles d’asepsie (la rubrique 6.6 du RCP donne les instructions et les tubulures compatibles) ; un filtre en polyéthersulfone de 0,2 micron ou de 5 microns est recommandé.

Précautions particulières

Syndrome de relargage des cytokines et réactions liées à la perfusion

Le SRC peut être grave ou engager le pronostic vital. Ses signes comprennent fièvre, hypotension, hypoxie, tachycardie, frissons, dyspnée et céphalées ; la plupart des événements surviennent au cycle 1, et une élévation transitoire des enzymes hépatiques a été observée pendant un SRC. Le schéma d’escalade de dose et la prémédication ont été établis pour réduire le risque et doivent être respectés. Les patients sont surveillés pendant et après chaque administration et doivent rester à portée d’un établissement de santé qualifié pendant au moins 24 heures après chaque dose du schéma d’escalade de dose et après la première dose complète. Dès le premier signe de SRC, ils sont évalués en vue d’une hospitalisation, et ils doivent consulter immédiatement un médecin si des symptômes apparaissent à tout moment. Certaines réactions liées à la perfusion ne peuvent pas être distinguées d’un SRC ; dans ce cas, la perfusion est suspendue, ralentie ou arrêtée définitivement selon la sévérité. Les patients présentant un SRC, ou d’autres réactions altérant la conscience, ne doivent pas conduire ni utiliser de machines lourdes ou dangereuses jusqu’à leur résolution.

Infections graves

Des infections graves ou fatales peuvent survenir. Les patients sont surveillés avant et pendant le traitement à la recherche d’infections bactériennes, fongiques et d’infections virales nouvelles ou réactivées. Ordspono n’est pas administré en présence d’une infection active, et la prudence s’impose en cas d’antécédents d’infections récurrentes ou chroniques. Des anti-infectieux prophylactiques sont administrés selon les besoins : une prophylaxie de la pneumonie à Pneumocystis jirovecii est recommandée chez tous les patients, ainsi qu’une prophylaxie chez ceux ayant des antécédents d’infection à virus herpétique ou à cytomégalovirus. Un traitement antiviral est recommandé chez les patients ayant l’antigène de surface de l’hépatite B, l’anticorps anti-core de l’hépatite B et/ou une charge virale mesurable, et les immunoglobulines intraveineuses doivent être envisagées conformément aux recommandations. Une neutropénie fébrile impose de rechercher une infection et de la prendre en charge par des antibiotiques, des liquides et un traitement de soutien ; suspendre ou envisager un arrêt définitif selon la sévérité.

Toxicité neurologique

Les toxicités neurologiques, y compris l’ICANS, l’aphasie et l’encéphalopathie, peuvent être sévères. Les patients doivent être surveillés pour détecter les signes et symptômes, évalués et pris en charge par un traitement de soutien, et Ordspono est suspendu ou arrêté définitivement selon la sévérité. Il est demandé aux patients de consulter un médecin si des symptômes surviennent.

Syndrome de lyse tumorale

Le syndrome de lyse tumorale est plus probable en cas de masse tumorale élevée, de tumeurs à prolifération rapide ou de dysfonction rénale. Les patients à risque accru nécessitent une hydratation adéquate et un traitement prophylactique hypo-uricémiant (par exemple allopurinol ou rasburicase) avant Ordspono. La biochimie sanguine est surveillée et les anomalies sont traitées rapidement.

Pneumonite et maladie pulmonaire interstitielle

Des cas de pneumonite ou de maladie pulmonaire interstitielle, pouvant engager le pronostic vital ou être fatals, ont été rapportés. Elles doivent être envisagées devant des symptômes respiratoires sans pathogène causal.

Poussée tumorale

Une poussée tumorale a été rapportée ; elle peut provoquer une douleur et un gonflement localisés. Les patients sont surveillés et évalués à la recherche d’une poussée tumorale au niveau de sites anatomiques critiques.

Carte patient

La carte patient décrit les signes et symptômes courants du SRC et de la toxicité neurologique, y compris l’ICANS, et les situations dans lesquelles il faut consulter immédiatement un médecin. Le prescripteur doit discuter des risques avec le patient et lui remettre la carte, qu’il doit porter sur lui en permanence et montrer à tout professionnel de santé.

Vaccination

Les vaccins vivants et vivants atténués ne doivent pas être administrés en même temps qu’Ordspono. Aucune étude n’a été réalisée chez des patients ayant récemment reçu des vaccins vivants.

Traçabilité et excipients

Le nom et le numéro de lot du produit administré doivent être clairement enregistrés (ainsi que ceux de la solution d’albumine humaine, si elle est utilisée comme suggéré à la rubrique 6.6). Ordspono contient du polysorbate 80, qui peut provoquer des réactions allergiques.

Grossesse, allaitement et fertilité

  • Contraception : les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement et pendant au moins 6 mois après la dernière dose.
  • Grossesse : il n’existe pas de données chez la femme enceinte ni d’études de reproduction chez l’animal. Les IgG humaines traversent le placenta, et l’odronextamab peut être nocif pour le fœtus, notamment par une lymphocytopénie B. Il n’est pas recommandé pendant la grossesse ni chez les femmes en âge de procréer n’utilisant pas de contraception.
  • Allaitement : il n’existe pas d’information sur le passage dans le lait, mais les IgG humaines peuvent être sécrétées dans le lait. Les femmes ne doivent pas allaiter pendant le traitement et pendant au moins 6 mois après la dernière dose.
  • Fertilité : pas de données chez l’homme. Les études chez l’animal n’indiquent pas d’effets nocifs sur les organes reproducteurs mâles ou femelles ni sur les paramètres de fertilité.

Effet sur la conduite

Ordspono a une influence mineure sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Les patients présentant un SRC ou d’autres réactions altérant la conscience doivent être évalués et il doit leur être conseillé de ne pas conduire ni utiliser de machines lourdes ou potentiellement dangereuses jusqu’à leur résolution.

Conditions de conservation

Conserver au réfrigérateur à 2–8 °C. Ne pas congeler. Conserver le flacon dans son carton extérieur à l’abri de la lumière. Le produit voyage en chaîne du froid de la livraison jusqu’à l’hôpital. La conservation après dilution est décrite sous « Durée de conservation ».

Durée de conservation

  • Flacon non ouvert : 3 ans.
  • Solution diluée pour perfusion : la stabilité chimique et physique en cours d’utilisation a été démontrée pendant 24 heures au maximum à 2–8 °C pour toutes les doses ; à température ambiante (20–25 °C) pendant 6 heures au maximum pour la dose de 0,2 mg préparée avec de l’albumine humaine, et 12 heures au maximum pour les doses de 0,5 mg ou plus. Jeter la solution diluée si ces limites sont dépassées. D’un point de vue microbiologique, le produit doit être utilisé immédiatement.

Conditions de délivrance en pharmacie

Sur ordonnance uniquement (Rx), soumis à prescription médicale restreinte. Ordspono ne peut être administré que sous la supervision d’un professionnel de santé expérimenté dans le diagnostic et le traitement du cancer, avec un soutien médical et du tocilizumab disponibles en cas de SRC sévère. C’est une perfusion intraveineuse administrée à l’hôpital ; il est donc fourni à l’hôpital qui l’administre, avec une livraison en chaîne du froid à 2–8 °C.

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Avis important

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