Mitoxantrone
Anthracènedione (inhibiteur de la topoisomérase II)
La mitoxantrone est un médicament cytotoxique de synthèse de la famille des anthracènediones qui s’intercale dans l’ADN, provoque des pontages et des cassures de brins et inhibe la topoisomérase II. Le RCP du médicament autorisé au niveau national examiné ici, un concentré pour solution pour perfusion à 2 mg/ml (France), énumère six utilisations : cancer du sein métastatique, lymphome non hodgkinien, leucémie aiguë myéloïde de l’adulte, induction de la rémission lors de la crise blastique de la leucémie myéloïde chronique (en association), traitement palliatif du cancer de la prostate avancé résistant à la castration (avec des corticoïdes) et sclérose en plaques récurrente très active avec évolution rapide du handicap lorsqu’il n’existe pas d’alternative. Elle est administrée uniquement par perfusion intraveineuse, sous la surveillance d’un médecin expérimenté dans la chimiothérapie cytotoxique, et jamais par voie sous-cutanée, intramusculaire, intra-artérielle ou intrathécale. Ses effets indésirables les plus graves sont la toxicité myocardique, qui peut provoquer une insuffisance cardiaque irréversible et fatale et augmente avec la dose cumulée, et la suppression de la moelle osseuse.
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Questions fréquentes
Mitoxantrone : à quoi sert ce médicament ?
La mitoxantrone est un médicament cytotoxique de synthèse de la famille des anthracènediones qui s’intercale dans l’ADN, provoque des pontages et des cassures de brins et inhibe la topoisomérase II.
Mitoxantrone : faut-il une ordonnance ?
Oui. Mitoxantrone est un médicament soumis à prescription médicale. Une ordonnance valide d'un médecin agréé est requise, et les règles de prescription du pays de destination sont vérifiées avant toute expédition.
Mitoxantrone : quelles sont les conditions de conservation ?
Conserver Mitoxantrone à Ne pas conserver à une température supérieure à 25 °C ; ne pas réfrigérer ; ne pas congeler, dans l'emballage d'origine, à l'abri de la lumière et hors de la portée des enfants.
Mitoxantrone : une expédition réfrigérée (chaîne du froid) est-elle nécessaire ?
Non. Mitoxantrone est stable à Ne pas conserver à une température supérieure à 25 °C ; ne pas réfrigérer ; ne pas congeler ; un emballage de protection standard suffit donc, tout en assurant une protection contre la chaleur et l'humidité pendant le transport.
Mitoxantrone : quels dosages sont disponibles ?
Mitoxantrone est disponible dans les dosages suivants : 10 mg/5 ml concentré pour solution pour perfusion (2 mg/ml), 20 mg/10 ml concentré pour solution pour perfusion (2 mg/ml), 30 mg/15 ml concentré pour solution pour perfusion (2 mg/ml). Le dosage approprié et le schéma posologique sont déterminés par le médecin traitant.
Mitoxantrone : quelle est sa durée de conservation ?
La durée de conservation de Mitoxantrone est de 18 mois (flacon non ouvert) lorsque les conditions de conservation recommandées sont respectées. Ne pas utiliser après la date de péremption indiquée sur l'emballage.
Informations médicales et recommandations
Pharmacologie, indications et profil de sécurité de ce principe actif
Action pharmacologique
La mitoxantrone est un dérivé synthétique de l’anthracènedione et un agent antinéoplasique cytotoxique bien établi, dont l’efficacité a été rapportée dans de nombreux cancers. Dans la sclérose en plaques, son mode d’action présumé est l’immunosuppression.
Mécanisme d’action
- Interaction avec l’ADN : la mitoxantrone s’intercale dans l’ADN par liaisons hydrogène, provoquant des pontages et des cassures de brins, et interfère également avec l’ARN.
- Topoisomérase II : c’est un puissant inhibiteur de la topoisomérase II, l’enzyme qui déroule et répare l’ADN endommagé.
- Effet sur le cycle cellulaire : elle tue les cellules humaines en culture qu’elles soient ou non en prolifération, ce qui suggère l’absence de spécificité pour une phase du cycle cellulaire, et elle agit à la fois sur les tumeurs à croissance rapide et sur celles à croissance lente. Elle bloque le cycle cellulaire en phase G2, ce qui augmente la teneur cellulaire en ARN et provoque une polyploïdie.
- Effets immunitaires : in vitro, elle inhibe la prolifération des lymphocytes B, des lymphocytes T et des macrophages et réduit la présentation des antigènes et la sécrétion d’interféron gamma, de facteur de nécrose tumorale alpha et d’interleukine-2.
Pharmacocinétique
- Cinétique : après une dose unique, la mitoxantrone est décrite par un modèle à trois compartiments. De 15 à 90 mg/m², l’aire sous la courbe augmente linéairement avec la dose, et aucune accumulation plasmatique n’a été observée avec une administration quotidienne pendant cinq jours ni avec une dose unique toutes les trois semaines.
- Distribution : la distribution tissulaire est étendue (volume de distribution à l’état d’équilibre supérieur à 1 000 l/m²). Les concentrations plasmatiques diminuent rapidement au cours des deux premières heures, puis plus lentement. Environ 78 % se lient aux protéines plasmatiques, indépendamment de la concentration et sans effet de la phénytoïne, de la doxorubicine, du méthotrexate, de la prednisone, de la prednisolone, de l’héparine ou de l’aspirine. La mitoxantrone ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique, et la distribution vers les testicules est relativement faible.
- Métabolisme : les voies métaboliques n’ont pas été élucidées.
- Élimination : l’excrétion dans les urines et les fèces est lente, sous forme de médicament inchangé ou de métabolites inactifs. En 5 jours, seuls 10 % (urines) et 18 % (fèces) d’une dose ont été retrouvés ; dans les urines, 65 % étaient de la mitoxantrone inchangée et 35 % des dérivés mono- et dicarboxyliques et leurs conjugués glucuronides. Beaucoup de demi-vies d’élimination rapportées se situent entre 10 et 40 heures, mais certains auteurs rapportent 7 à 12 jours, peut-être en raison d’un échantillonnage plus tardif, de la pondération des données et de la sensibilité du dosage.
- Populations particulières : une insuffisance hépatique peut réduire la clairance.
Indications
Indications telles qu’énumérées dans le RCP du concentré français à 2 mg/ml (autorisé au niveau national ; la liste des indications peut différer entre les États membres) :
- Cancer du sein métastatique.
- Lymphome non hodgkinien.
- Leucémie aiguë myéloïde (LAM) de l’adulte.
- Leucémie myéloïde chronique en crise blastique : en traitement d’association, pour l’induction de la rémission.
- Cancer de la prostate avancé résistant à la castration : en association avec des corticoïdes, pour le traitement palliatif (par exemple, le soulagement de la douleur).
- Sclérose en plaques : sclérose en plaques récurrente très active associée à une évolution rapide du handicap, lorsqu’il n’existe pas d’autre option thérapeutique.
Contre-indications
- Hypersensibilité à la mitoxantrone ou à l’un des excipients, y compris les sulfites qui peuvent être produits lors de la fabrication de la mitoxantrone.
- Allaitement.
- Traitement de la sclérose en plaques chez la femme enceinte.
Les vaccins viraux vivants sont également contre-indiqués pendant le traitement (voir Interactions médicamenteuses).
Effets indésirables
Les effets indésirables les plus graves sont la toxicité myocardique et la myélosuppression. Les plus fréquents (plus de 1 patient sur 10) sont l’anémie, la leucopénie, la neutropénie, les infections, l’aménorrhée, l’alopécie, les nausées et les vomissements. Le RCP présente les fréquences dans des tableaux distincts pour l’usage en oncologie et pour la sclérose en plaques (SEP) ; les deux sont indiquées ci-dessous lorsqu’elles diffèrent.
Très fréquents (≥1/10) : infection (y compris infection fatale ; en SEP, également infection des voies urinaires et des voies respiratoires supérieures), anémie, neutropénie et leucopénie (oncologie), nausées, vomissements (oncologie), alopécie, aménorrhée (SEP ; elle peut être prolongée et correspondre à une ménopause prématurée).
Fréquents (≥1/100 à <1/10) : oncologie : thrombopénie, granulocytopénie, anorexie, léthargie, insuffisance cardiaque congestive, infarctus du myocarde (y compris fatal), dyspnée, constipation, diarrhée, stomatite, asthénie, fatigue, fièvre. SEP : anémie, leucopénie, granulocytopénie, numération anormale des globules blancs, céphalées, arythmies, anomalies de l’électrocardiogramme, diminution de la fraction d’éjection ventriculaire gauche, constipation, diarrhée, stomatite, vomissements, augmentation de l’aspartate aminotransférase.
Peu fréquents (≥1/1 000 à <1/100) : septicémie et infections opportunistes (dans les deux contextes) ; infections des voies urinaires et des voies respiratoires supérieures (oncologie) ; pneumonie (SEP) ; leucémie aiguë myéloïde et syndrome myélodysplasique ; myélosuppression et insuffisance médullaire (dans les deux contextes), numération anormale des globules blancs (oncologie), thrombopénie et neutropénie (SEP) ; réactions anaphylactiques ou anaphylactoïdes (y compris choc) ; variations du poids ; syndrome de lyse tumorale (oncologie) ; anorexie (SEP) ; anxiété, confusion et paresthésie (dans les deux contextes), céphalées (oncologie), léthargie (SEP) ; coloration anormale de la sclérotique ; cardiaques : arythmies, bradycardie sinusale, anomalies de l’électrocardiogramme et diminution de la fraction d’éjection (oncologie), insuffisance cardiaque congestive, cardiomyopathie, bradycardie sinusale et infarctus du myocarde y compris fatal (SEP) ; contusion, hémorragie, hypotension ; dyspnée (SEP) ; douleur abdominale, hémorragie gastro-intestinale, inflammation des muqueuses, pancréatite ; hépatotoxicité, augmentation de l’aspartate aminotransférase (oncologie) ; érythème (oncologie), troubles des ongles, éruption cutanée, coloration anormale de la peau, nécrose tissulaire après extravasation ; augmentation de la créatinine sanguine, augmentation de l’azote uréique sanguin, néphropathie toxique, coloration anormale des urines ; aménorrhée (oncologie) ; œdème, extravasation et dysgueusie (oncologie), asthénie, fatigue, œdème, fièvre, extravasation et mort subite (SEP ; un lien de causalité n’a pas été fermement établi).
Rares (≥1/10 000 à <1/1 000) : pneumonie et cardiomyopathie (oncologie).
L’extravasation au site de perfusion peut provoquer un érythème, un œdème, une douleur, une sensation de brûlure et/ou une coloration bleue de la peau et peut conduire à une nécrose tissulaire nécessitant un débridement et des greffes de peau ; une phlébite au site de perfusion a également été rapportée. La myélosuppression est l’effet indésirable limitant la dose. La toxicité myocardique est décrite dans Précautions particulières.
Interactions médicamenteuses
- Agents cardiotoxiques (par exemple les anthracyclines) : leur association avec la mitoxantrone augmente le risque de toxicité cardiaque.
- Autres antinéoplasiques et radiothérapie : les inhibiteurs de la topoisomérase II, dont la mitoxantrone, associés à d’autres antinéoplasiques et/ou à une radiothérapie ont été associés à une leucémie aiguë myéloïde ou à un syndrome myélodysplasique.
- Agents myélosuppresseurs : la mitoxantrone provoque une myélosuppression, qui peut être plus importante en polychimiothérapie avec un autre agent myélosuppresseur, par exemple dans le cancer du sein.
- Autres immunosuppresseurs : peuvent augmenter le risque d’immunosuppression excessive et de syndrome lymphoprolifératif.
- Vaccins vivants (par exemple le vaccin contre la fièvre jaune) : ils augmentent le risque d’infection et d’autres effets tels que la vaccine progressive chez les patients dont la compétence immunitaire est réduite ; les vaccins viraux vivants sont donc contre-indiqués pendant le traitement. Après l’arrêt de la chimiothérapie, ils doivent être utilisés avec prudence, et au moins 3 mois doivent s’écouler après la dernière dose avant la vaccination.
- Antivitamines K : avec des agents cytotoxiques, ils peuvent augmenter le risque d’hémorragie. Chez les patients sous anticoagulants oraux, le temps de prothrombine ou l’INR doit être étroitement surveillé lorsque la mitoxantrone est ajoutée ou arrêtée et plus souvent pendant le traitement associé.
- D’autres interactions sont énumérées dans la rubrique 4.5 du RCP.
Administration et posologie
Le traitement doit être administré sous la surveillance d’un médecin expérimenté dans l’utilisation des agents de chimiothérapie cytotoxiques ; pour la sclérose en plaques, une expérience de l’utilisation des agents cytotoxiques dans cette maladie est requise. La mitoxantrone est réservée à la voie intraveineuse. Elle est injectée lentement dans une perfusion intraveineuse continue de solution saline isotonique ou de solution de glucose à 5 % pendant au moins 3 à 5 minutes, la ligne étant de préférence placée dans une grosse veine et, si possible, à distance des articulations ou des membres dont le drainage lymphatique ou veineux est médiocre. Elle peut aussi être administrée en perfusion courte (15 à 30 minutes) diluée dans 50 à 100 ml de solution saline isotonique ou de glucose à 5 %. Elle ne doit pas être administrée par voie sous-cutanée, intramusculaire, intra-artérielle ou intrathécale. L’administration doit être arrêtée immédiatement au moindre signe d’extravasation (brûlure, douleur, démangeaisons, rougeur, gonflement, coloration bleue de la peau ou ulcération).
Posologie selon l’indication
- Cancer du sein métastatique et lymphome non hodgkinien (monothérapie) : 14 mg/m² de surface corporelle en dose intraveineuse unique, répétée à intervalles de 21 jours. Chez les patients présentant une dépression médullaire (par exemple après une chimiothérapie antérieure) ou en mauvais état général, commencer à 12 mg/m² ou moins.
- Traitement d’association : dans le cancer du sein métastatique, les associations avec le cyclophosphamide et le 5-fluorouracile, ou avec le méthotrexate et la mitomycine C, se sont révélées efficaces. Dans le lymphome non hodgkinien, les données sont trop limitées pour recommander des schémas précis. Des associations ont été efficaces avec des doses initiales de mitoxantrone de 7–8 à 10–12 mg/m², selon l’association et la fréquence. À titre indicatif, lorsqu’elle est associée à un autre agent myélosuppresseur, la dose initiale est réduite de 2 à 4 mg/m² par rapport à la dose en monothérapie, et les doses suivantes suivent les ajustements fondés sur la myélosuppression indiqués ci-dessous.
- LAM, rechute (monothérapie) : pour l’induction de la rémission, 12 mg/m² en dose intraveineuse unique par jour pendant 5 jours consécutifs (60 mg/m² au total).
- LAM (association) : l’induction consiste en mitoxantrone 12 mg/m² par jour les 3 premiers jours en perfusion intraveineuse avec de la cytarabine 100 mg/m² en perfusion continue de 24 heures pendant 7 jours. Si la réponse est incomplète, une seconde induction utilise la mitoxantrone pendant 2 jours et la cytarabine pendant 5 jours aux mêmes doses quotidiennes ; elle est reportée si une toxicité non hématologique sévère ou engageant le pronostic vital est survenue au cours de la première cure. La consolidation (utilisée dans deux grandes études randomisées) consiste en mitoxantrone 12 mg/m² les jours 1 et 2 avec de la cytarabine 100 mg/m² en perfusion continue de 24 heures les jours 1 à 5, la première cure environ 6 semaines après la dernière induction et la seconde habituellement 4 semaines plus tard. Un schéma unique de mitoxantrone 6 mg/m² en bolus intraveineux, étoposide 80 mg/m² en 1 heure et cytarabine 1 g/m² en 6 heures par jour pendant 6 jours a montré une activité anti-leucémique comme traitement de sauvetage dans la LAM réfractaire.
- Leucémie myéloïde chronique en crise blastique (association, rechute) : 5 à 12 mg/m² en dose intraveineuse unique par jour pendant 2 à 4 jours consécutifs (maximum 48 mg/m²).
- Cancer de la prostate avancé résistant à la castration : 12 à 14 mg/m² en perfusion intraveineuse courte à intervalles de 21 jours, avec des corticoïdes oraux à faible dose.
- Sclérose en plaques : habituellement 12 mg/m² en perfusion intraveineuse courte (environ 5 à 15 minutes), pouvant être répétée tous les 1 à 3 mois. La dose cumulée maximale à vie ne doit pas dépasser 72 mg/m². Le traitement ne doit être utilisé qu’après évaluation du rapport bénéfice-risque, notamment pour les risques hématologiques et cardiaques, et ne doit pas être instauré chez les patients ayant déjà reçu de la mitoxantrone.
Ajustement de la dose en cas de suppression de la moelle osseuse
- Cancer du sein et lymphome non hodgkinien : les ajustements et le calendrier reposent sur l’appréciation clinique de la gravité et de la durée de la myélosuppression. À titre indicatif, d’après le nadir hématologique (habituellement 10 jours après la dose) : si les globules blancs sont supérieurs à 1 500/µl et les plaquettes supérieures à 50 000/µl au nadir et que la récupération a lieu en 21 jours, répéter la dose précédente ; si la récupération prend plus de 21 jours, attendre la récupération et administrer la même dose qu’auparavant ; si le nadir des globules blancs est inférieur à 1 500/µl, réduire la dose précédente de 2 mg/m² après la récupération ; s’il est inférieur à 1 000/µl, la réduire de 4 mg/m². Les critères relatifs aux plaquettes pour les deux dernières situations figurent dans le tableau du RCP.
- Sclérose en plaques, numération sanguine dans les 21 jours suivant une perfusion : signes d’infection et grade 3 de l’OMS, dose suivante 10 mg/m² ; grade 4, dose suivante 8 mg/m².
- Sclérose en plaques, numération sanguine 7 jours avant une perfusion : signes d’infection et grade 1 de l’OMS, dose suivante 9 mg/m² ; grade 2, dose suivante 6 mg/m² ; grade 3 ou 4, arrêter le traitement.
- Sclérose en plaques, toxicité non hématologique : grade 2 ou 3 de l’OMS, dose suivante 10 mg/m² ; grade 4, arrêter le traitement.
Populations particulières
- Sujets âgés : le choix de la dose doit généralement commencer à l’extrémité inférieure de l’intervalle, car la diminution de la fonction hépatique, rénale ou cardiaque, les autres maladies et les autres médicaments sont plus fréquents.
- Insuffisance rénale : la sécurité n’a pas été établie ; utiliser avec prudence.
- Insuffisance hépatique : la sécurité n’a pas été établie. La clairance est réduite, de sorte qu’un ajustement de la dose peut être nécessaire, mais les données sont insuffisantes pour formuler des recommandations et les tests de laboratoire ne prédisent ni la clairance ni les modifications de dose.
- Enfants et adolescents : la sécurité et l’efficacité n’ont pas été établies, et il n’y a pas d’utilisation justifiée dans la population pédiatrique.
Précautions particulières
Voie d’administration et extravasation
La mitoxantrone doit être administrée par perfusion intraveineuse lente et jamais par voie sous-cutanée, intramusculaire ou intra-artérielle. Des cas de neuropathie locale ou régionale, certains irréversibles, ont été rapportés après une injection intra-artérielle. Une extravasation peut entraîner de graves lésions tissulaires locales, bien que seuls des cas isolés de réactions locales sévères (nécrose) aient été décrits. Elle ne doit pas être administrée par voie intrathécale : cela peut provoquer des lésions graves avec des séquelles permanentes, et des neuropathies centrales et périphériques et une neurotoxicité ont été rapportées, notamment des convulsions évoluant vers le coma, des conséquences neurologiques graves et une paralysie avec dysfonctionnement intestinal et vésical.
Cardiotoxicité et dose cumulée
- Insuffisance cardiaque : la toxicité myocardique, dans sa forme la plus sévère une insuffisance cardiaque congestive potentiellement irréversible et fatale, peut survenir pendant le traitement ou plusieurs mois après son arrêt, et le risque augmente avec la dose cumulée. Les patients atteints de cancer ayant reçu des doses cumulées de 140 mg/m², seules ou avec une autre chimiothérapie, ont présenté une probabilité cumulée d’insuffisance cardiaque congestive clinique de 2,6 %. Dans des études comparatives en oncologie, la probabilité cumulée globale d’une réduction modérée ou sévère de la FEVG à cette dose était de 13 %.
- Facteurs de risque : une maladie cardiovasculaire active ou latente, une radiothérapie antérieure ou concomitante de la région médiastinale ou péricardique, un traitement antérieur par d’autres anthracyclines ou anthracènediones et d’autres médicaments cardiotoxiques peuvent augmenter le risque. La cardiotoxicité peut survenir à tout moment pendant le traitement et à des doses cumulées plus faibles, qu’il existe ou non des facteurs de risque cardiaque. Chez les patients précédemment traités par la daunorubicine ou la doxorubicine, le rapport bénéfice-risque doit être évalué avant de commencer.
- Surveillance chez les patients atteints de cancer : la fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) doit être évaluée par échocardiographie ou scintigraphie MUGA avant la première dose, la fonction cardiaque doit être étroitement surveillée pendant le traitement, et la FEVG doit être réévaluée à intervalles réguliers et chaque fois que des signes ou symptômes d’insuffisance cardiaque apparaissent. Une insuffisance cardiaque congestive aiguë peut parfois survenir chez les patients traités pour une LAM.
- Sclérose en plaques : des modifications cardiaques fonctionnelles peuvent survenir et une insuffisance cardiaque aiguë a été rapportée. La FEVG doit être évaluée avant la première dose et avant chaque dose, puis une fois par an jusqu’à 5 ans après la fin du traitement. Les patients ne doivent normalement pas recevoir une dose cumulée à vie supérieure à 72 mg/m², et la mitoxantrone ne doit normalement pas être administrée si la FEVG est inférieure à 50 % ou a diminué de façon cliniquement significative.
Suppression de la moelle osseuse
Le traitement nécessite une surveillance attentive et fréquente de la numération sanguine et de la biochimie. Une numération formule sanguine complète avec plaquettes doit être effectuée avant la première dose, 10 jours après chaque dose, avant chaque perfusion suivante et chaque fois que des signes ou symptômes d’infection apparaissent. La myélosuppression peut être plus sévère et plus prolongée chez les patients en mauvais état général ou ayant reçu une chimiothérapie ou une radiothérapie antérieures, et peut survenir à n’importe quelle dose. Sauf dans la LAM, la mitoxantrone ne doit généralement pas être administrée aux patients dont le nombre de neutrophiles à l’état initial est inférieur à 1 500 cellules/mm³. Des doses élevées (supérieures à 14 mg/m² par jour pendant 3 jours), comme celles utilisées dans la leucémie, provoquent une myélosuppression sévère, et la récupération hématologique complète doit être confirmée avant tout traitement de consolidation.
Leucémie secondaire et syndrome myélodysplasique
Les inhibiteurs de la topoisomérase II, dont la mitoxantrone, utilisés seuls ou, en particulier, avec d’autres agents anticancéreux et/ou une radiothérapie, ont été associés à la leucémie aiguë myéloïde et au syndrome myélodysplasique. Le rapport bénéfice-risque doit être évalué avant de commencer. Les patients doivent être informés des risques, des symptômes et des signes de la leucémie aiguë et doivent consulter un médecin s’ils apparaissent, même après cinq ans.
Utilisations spécifiques
- Cancer du sein : comme les données de sécurité en traitement adjuvant sont insuffisantes et que le risque de leucémie est augmenté, la mitoxantrone ne doit être utilisée que dans le cancer du sein métastatique.
- Après d’autres traitements de la sclérose en plaques : la sécurité et l’efficacité n’ont pas été étudiées après le natalizumab, le fingolimod, l’alemtuzumab, le fumarate de diméthyle ou le tériflunomide.
Infections, vaccination et lyse tumorale
Les patients recevant des agents immunosuppresseurs tels que la mitoxantrone répondent moins bien aux infections, et les infections systémiques doivent être traitées en même temps que le début de la mitoxantrone, ou juste avant. Les vaccins vivants sont contre-indiqués pendant le traitement (voir Interactions médicamenteuses). Des cas de syndrome de lyse tumorale ont été rapportés, et l’acide urique, les électrolytes et l’urée doivent être surveillés ; la leucémie aiguë lymphoblastique et le lymphome non hodgkinien y sont plus souvent associés.
Mutagénicité, cancérogénicité et coloration
La mitoxantrone a été mutagène dans des systèmes d’essai bactériens et de mammifères in vitro et chez le rat in vivo, et elle a été cancérogène chez des animaux de laboratoire à des doses inférieures à la dose clinique proposée ; elle a donc un potentiel cancérogène chez l’homme. Elle peut colorer les urines en bleu-vert pendant les 24 heures suivant l’administration, et une coloration bleue de la sclérotique, de la peau et des ongles peut aussi survenir ; les patients doivent en être informés.
Grossesse, contraception, allaitement et fertilité
- Contraception : la mitoxantrone est génotoxique et considérée comme un tératogène potentiel chez l’homme. Il doit être conseillé aux hommes de ne pas concevoir d’enfant et d’utiliser une contraception pendant le traitement et pendant 5 mois après son arrêt. Les femmes en âge de procréer doivent éviter toute grossesse, doivent avoir un test de grossesse négatif avant chaque dose et doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement et pendant 8 mois après son arrêt.
- Grossesse : les données sont très limitées. La mitoxantrone n’était pas tératogène chez l’animal à des doses inférieures à l’exposition humaine mais était toxique pour la reproduction, et elle est considérée comme un tératogène potentiel chez l’homme. Elle est contre-indiquée pour la sclérose en plaques pendant la grossesse ; dans les autres indications, elle ne doit pas être administrée pendant la grossesse, en particulier au premier trimestre, et le bénéfice et le risque pour le fœtus sont évalués au cas par cas. Si elle est utilisée pendant la grossesse ou si la patiente débute une grossesse, elle doit être informée du risque potentiel pour le fœtus et se voir proposer un conseil génétique.
- Allaitement : la mitoxantrone passe dans le lait maternel et a été détectée jusqu’à un mois après la dernière dose. L’allaitement est contre-indiqué et doit être arrêté avant le début du traitement.
- Fertilité : les femmes présentent un risque accru d’aménorrhée temporaire ou persistante ; la préservation des gamètes doit donc être envisagée avant le traitement. Il n’existe pas de données chez l’homme, mais une atrophie tubulaire testiculaire et une diminution du nombre de spermatozoïdes ont été observées chez l’animal.
Teneur en sodium
Chaque ml contient 3,40 mg de sodium. Le flacon de 5 ml contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium et est essentiellement sans sodium ; les flacons de 10 ml et de 15 ml en contiennent davantage, et le RCP indique leur teneur en sodium.
Effet sur la conduite
La mitoxantrone a une influence mineure sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Le traitement peut provoquer une confusion mentale et de la fatigue.
Conditions de conservation
Conserver les flacons non ouverts à une température ne dépassant pas 25 °C. Ne pas réfrigérer et ne pas congeler. Aucune chaîne du froid n’est nécessaire. Les flacons sont en verre de type I avec un bouchon en butyle, contenant 10 mg/5 ml, 20 mg/10 ml ou 30 mg/15 ml, en boîtes de 1, 5 ou 10 flacons ; toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.
Durée de conservation
18 mois avant ouverture. Après dilution, le RCP fournit des données de stabilité physico-chimique de la solution diluée ; d’un point de vue microbiologique, elle doit être utilisée immédiatement, sauf si la dilution a eu lieu dans des conditions aseptiques contrôlées et validées, et sinon l’utilisateur est responsable de la durée et des conditions de conservation avant utilisation. Voir les rubriques 6.3 et 6.4 du RCP pour la conservation autorisée de la solution diluée.
Conditions de délivrance en pharmacie
Sur ordonnance uniquement (Rx). Le traitement est administré sous la surveillance d’un médecin expérimenté dans l’utilisation des agents de chimiothérapie cytotoxiques. La mitoxantrone est une perfusion hospitalière ; elle est donc fournie à l’hôpital ou à la clinique qui l’administre. Elle est conservée à température ambiante (pas plus de 25 °C) et n’est pas réfrigérée.
Médicaments apparentés
Autres principes actifs de la même aire thérapeutique ou de la même classe pharmacologique.
Abémaciclib
Inhibiteur de CDK4/6 (inhibiteur de protéine kinase)
Abiratérone
Inhibiteur de CYP17 (inhibiteur de la biosynthèse des androgènes)
Acalabrutinib
Inhibiteur de la BTK (inhibiteur de protéine kinase)
Acide folinique
Folate réduit (détoxifiant pour traitement antinéoplasique)
Acide ibandronique
Bisphosphonate (inhibiteur de la résorption osseuse)
Acide lévofolinique
Folate réduit (isomère actif de l'acide folinique)
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