Isatuximab

Anticorps monoclonal anti-CD38

L'isatuximab est un anticorps monoclonal dérivé de l'IgG1 qui se lie à CD38, une protéine présente en grande quantité à la surface des cellules du myélome multiple. Il détruit les cellules du myélome par des mécanismes immunitaires (cytotoxicité à médiation cellulaire dépendante des anticorps, phagocytose et cytotoxicité dépendante du complément), en déclenchant directement l'apoptose et en bloquant l'activité enzymatique de CD38. Dans l'UE, il est autorisé dans quatre associations : avec le pomalidomide et la dexaméthasone après au moins deux traitements antérieurs, avec le carfilzomib et la dexaméthasone après au moins un traitement antérieur, et avec le bortézomib, le lénalidomide et la dexaméthasone dans le myélome nouvellement diagnostiqué, à la fois chez les patients qui ne peuvent pas bénéficier d'une autogreffe de cellules souches et, en induction, chez ceux qui le peuvent. Il est disponible en perfusion intraveineuse (10 mg/kg) et en injection sous-cutanée de 1 400 mg à dose fixe, toutes deux administrées par un professionnel de santé. Les réactions liées à la perfusion ou réactions systémiques liées à l'administration, la neutropénie et les infections sont les principaux problèmes de sécurité.

Disponible sous les noms de marque

Ce principe actif est commercialisé sous les noms de marque suivants, selon la région et le fabricant :

  • Sarclisa ®

Les noms de marque sont des marques déposées de leurs propriétaires respectifs. Pharmalogistic ne représente, ne fabrique ni ne distribue les produits de marque énumérés ci-dessus.

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Questions fréquentes

Isatuximab : à quoi sert ce médicament ?

L'isatuximab est un anticorps monoclonal dérivé de l'IgG1 qui se lie à CD38, une protéine présente en grande quantité à la surface des cellules du myélome multiple.

Isatuximab : faut-il une ordonnance ?

Oui. Isatuximab est un médicament soumis à prescription médicale. Une ordonnance valide d'un médecin agréé est requise, et les règles de prescription du pays de destination sont vérifiées avant toute expédition.

Isatuximab : quelles sont les conditions de conservation ?

Conserver Isatuximab à 2–8 °C ; ne pas congeler ; à l'abri de la lumière, dans l'emballage d'origine, à l'abri de la lumière et hors de la portée des enfants. Après première utilisation : Voie intraveineuse, solution diluée : 48 heures à 2–8 °C, puis 8 heures (temps de perfusion compris) à 15–25 °C. Voie sous-cutanée, après ouverture du flacon : 4 heures (temps d'injection compris) à 15–25 °C.

Isatuximab : une expédition réfrigérée (chaîne du froid) est-elle nécessaire ?

Oui. Isatuximab doit rester à 2–8 °C ; ne pas congeler ; à l'abri de la lumière ; l'expédition se fait donc dans un emballage isotherme avec des éléments réfrigérants dimensionnés pour la durée totale du transit, afin que la chaîne du froid reste ininterrompue de l'expédition à la livraison.

Isatuximab : sous quels noms de marque ce principe actif est-il commercialisé ?

On trouve Isatuximab sous les noms de marque Sarclisa, selon le pays et le fabricant. Les noms de marque sont des marques de leurs propriétaires respectifs ; Pharmalogistic ne représente ni ne distribue les produits de marque.

Isatuximab : quels dosages sont disponibles ?

Isatuximab est disponible dans les dosages suivants : 100 mg/5 ml, solution à diluer pour perfusion (20 mg/ml), 500 mg/25 ml, solution à diluer pour perfusion (20 mg/ml), 1 400 mg/10 ml, solution injectable (140 mg/ml). Le dosage approprié et le schéma posologique sont déterminés par le médecin traitant.

Isatuximab : quelle est sa durée de conservation ?

La durée de conservation de Isatuximab est de 3 ans lorsque les conditions de conservation recommandées sont respectées. Ne pas utiliser après la date de péremption indiquée sur l'emballage.

Informations médicales et recommandations

Pharmacologie, indications et profil de sécurité de ce principe actif

Action pharmacologique

L’isatuximab est un anticorps monoclonal dérivé de l’IgG1 qui se lie à un épitope extracellulaire spécifique de CD38, une glycoprotéine transmembranaire fortement exprimée à la surface des cellules du myélome multiple et présente en plus petites quantités sur d’autres cellules lymphoïdes et myéloïdes. Il agit simultanément par plusieurs voies : des mécanismes effecteurs immunitaires, l’induction directe de l’apoptose et l’inhibition de l’activité enzymatique de CD38. Les formulations intraveineuse et sous-cutanée contiennent le même anticorps.

Mécanisme d’action

  • Destruction à médiation immunitaire (démontrée in vitro) : par sa région Fc, l’isatuximab déclenche une cytotoxicité à médiation cellulaire dépendante des anticorps (ADCC), une phagocytose cellulaire dépendante des anticorps (ADCP) et une cytotoxicité dépendante du complément (CDC).
  • Effet direct : il peut aussi déclencher la mort des cellules tumorales en induisant l’apoptose par un mécanisme qui ne dépend pas de la région Fc.
  • Inhibition enzymatique : CD38 produit et dégrade l’ADP-ribose cyclique (cADPR), une molécule mobilisant le calcium, à partir du NAD extracellulaire. L’isatuximab bloque cette activité et réduit la production de cADPR dans les cellules du myélome.
  • Activation des cellules NK : in vitro, il peut activer les cellules natural killer (NK) même en l’absence de cellules cibles positives pour CD38.
  • Effet sur les cellules immunitaires : chez les patients recevant l’isatuximab seul, les numérations absolues de cellules NK, de lymphocytes B, de lymphocytes T CD4 positifs et de lymphocytes T régulateurs ont diminué dans le sang périphérique, et le répertoire du récepteur des lymphocytes T a montré une expansion clonale, ce qui évoque une réponse immunitaire adaptative.
  • Avec le pomalidomide : in vitro, l’association a augmenté la lyse des cellules de myélome exprimant CD38 par les cellules effectrices et la destruction directe des cellules tumorales par rapport à l’isatuximab seul. Dans un modèle murin de myélome multiple humain, elle a donné une activité antitumorale supérieure à celle de chacun des deux médicaments seuls.

Pharmacocinétique

  • Profil : l’isatuximab présente une pharmacocinétique non linéaire avec une disposition du médicament médiée par la cible, car il se lie à CD38. Les données proviennent de 476 patients ayant reçu 1 à 20 mg/kg. L’exposition (ASC) augmente plus que proportionnellement à la dose de 1 à 20 mg/kg toutes les 2 semaines, mais elle est proportionnelle à la dose entre 5 et 20 mg/kg administrés chaque semaine pendant 4 semaines puis toutes les 2 semaines, parce que la clairance médiée par la cible, qui contribue fortement en dessous de 5 mg/kg, devient négligeable à des doses plus élevées.
  • État d’équilibre : après 10 mg/kg chaque semaine pendant 4 semaines puis toutes les 2 semaines, le délai médian pour atteindre l’état d’équilibre était de 18 semaines, avec une accumulation de 3,1 fois. Dans ICARIA-MM (avec le pomalidomide et la dexaméthasone), la Cmax prédite à l’état d’équilibre était de 351 µg/ml et l’ASC de 72 600 µg·h/ml ; dans IKEMA (avec le carfilzomib et la dexaméthasone), elles étaient de 637 µg/ml et 152 000 µg·h/ml. Le passage d’un volume de perfusion fondé sur le poids à un volume fixe a eu un effet limité sur l’exposition.
  • Distribution : le volume de distribution prédit est de 8,13 l.
  • Métabolisme : comme les autres anticorps, l’isatuximab est probablement dégradé par catabolisme en protéines et peptides plus petits.
  • Élimination : la clairance totale diminue quand la dose augmente et lors des administrations répétées. À l’état d’équilibre, il faut environ 2 mois après la dernière dose pour éliminer du plasma au moins 99 % de l’isatuximab.
  • Populations particulières : le RCP ne recommande aucun ajustement de la dose selon l’âge, en cas d’insuffisance rénale de tout degré, y compris la maladie au stade terminal, ni en cas d’insuffisance hépatique légère. Les données en cas d’insuffisance hépatique modérée et sévère sont limitées, mais rien n’indique qu’un ajustement soit nécessaire.

Indications

Les formulations intraveineuse et sous-cutanée sont toutes deux autorisées dans les mêmes indications, chez l’adulte :

  • Myélome multiple en rechute et réfractaire, avec le pomalidomide et la dexaméthasone : patients ayant reçu au moins deux traitements antérieurs, dont le lénalidomide et un inhibiteur du protéasome, et ayant présenté une progression de la maladie sous le dernier traitement.
  • Myélome multiple, avec le carfilzomib et la dexaméthasone : patients ayant reçu au moins un traitement antérieur.
  • Myélome multiple nouvellement diagnostiqué, avec le bortézomib, le lénalidomide et la dexaméthasone : patients non éligibles à une autogreffe de cellules souches.
  • Myélome multiple nouvellement diagnostiqué, traitement d’induction : avec le bortézomib, le lénalidomide et la dexaméthasone, chez les patients éligibles à une autogreffe de cellules souches.

Contre-indications

  • Hypersensibilité à l’isatuximab ou à l’un des excipients.

Effets indésirables

Toutes associations confondues (2 656 patients, voie sous-cutanée ou intraveineuse), les réactions les plus fréquentes ont été les réactions liées à la perfusion ou réactions systémiques liées à l’administration (27,5 %), la diarrhée (27,2 %), la neutropénie (25,1 %), l’infection des voies respiratoires supérieures (23 %), la pneumonie (22 %) et la fatigue (20,7 %). La réaction grave la plus fréquente a été la pneumonie (16,5 %). Les effets indésirables ont conduit à l’arrêt définitif chez 10,2 % des patients et à une issue fatale pendant le traitement chez 5,9 % (pneumonie chez 1,9 %). Les groupes ci-dessous suivent le tableau du RCP pour l’isatuximab avec le pomalidomide et la dexaméthasone (Isa-Pd), qui regroupe 827 patients ayant reçu la forme sous-cutanée ou intraveineuse.

Très fréquents (≥1/10) : pneumonie, infection des voies respiratoires supérieures, infection neutropénique, bronchite, COVID-19, neutropénie, insomnie, neuropathie sensitive périphérique, dyspnée, toux, diarrhée, constipation, nausées, dorsalgie, arthralgie, spasmes musculaires, fatigue, œdème périphérique, pyrexie, réaction systémique liée à l’administration (réaction liée à la perfusion) avec la forme intraveineuse.

Fréquents (≥1/100 à <1/10) : zona, cancer de la peau, tumeurs solides autres que le cancer de la peau, thrombopénie, anémie, neutropénie fébrile, diminution de l’appétit, sensations vertigineuses, fibrillation auriculaire, vomissements, perte de poids, réaction systémique liée à l’administration avec la forme sous-cutanée, réactions au site d’injection avec la forme sous-cutanée.

Peu fréquents (≥1/1 000 à <1/100) : hémopathie maligne, réaction anaphylactique (d’après l’expérience après commercialisation avec la forme intraveineuse).

Fréquence indéterminée : lymphopénie.

Dans les études des autres associations, le RCP cite aussi parmi les réactions les plus fréquentes l’hypertension (36,7 %) et les réactions liées à la perfusion (45,8 %) avec le carfilzomib et la dexaméthasone (IKEMA), ainsi que la neuropathie sensitive périphérique (54,4 %), la cataracte (38,0 %), la constipation, l’œdème périphérique et l’asthénie avec le bortézomib, le lénalidomide et la dexaméthasone (IMROZ), en plus de la diarrhée, des infections des voies respiratoires, de la pneumonie et de la fatigue. Dans IMROZ, des réactions graves sont survenues chez 70,7 % des patients, des réactions d’issue fatale chez 11 % (infections chez 6,5 %) et un arrêt définitif chez 22,8 %.

Réactions graves importantes : pneumonie et autres infections graves ou d’issue fatale ; réactions graves liées à la perfusion, y compris des réactions anaphylactiques sévères d’issue fatale ; et neutropénie. Avec Isa-Pd, la neutropénie était une anomalie biologique chez 96,1 % des patients (de grade 3 ou 4 chez 84,9 %), et des complications neutropéniques sont survenues chez 30,3 %, dont une neutropénie fébrile chez 11,8 % et des infections neutropéniques chez 25,0 %. Des seconds cancers primitifs ont été rapportés (cancer de la peau 4,2 %, autres tumeurs solides 1,7 %, hémopathie maligne 0,5 %). La forme sous-cutanée a provoqué des réactions systémiques liées à l’administration moins souvent (3,1 %) que la forme intraveineuse (33,5 %) ; des réactions au site d’injection sont survenues chez 11,9 % des patients et étaient toutes de grade 2 ou inférieur.

Interactions médicamenteuses

  • Autres médicaments du myélome : l’isatuximab ne modifie pas la pharmacocinétique du pomalidomide, du carfilzomib, du bortézomib ni du lénalidomide, et ces derniers ne modifient pas la sienne.
  • Examens de la banque de sang : CD38 est présent sur les globules rouges, si bien que l’isatuximab peut provoquer des résultats faussement positifs aux tests indirects à l’antiglobuline (test de Coombs), aux tests de détection des anticorps (dépistage), aux panels d’identification des anticorps et aux épreuves de compatibilité croisée avec l’antiglobuline humaine. L’interférence peut durer au moins 6 mois après la dernière dose. Elle peut être réduite en traitant les hématies réactives avec le dithiothréitol (DTT) pour rompre la liaison de l’isatuximab, ou par d’autres méthodes validées localement. Le système de groupe sanguin Kell étant lui aussi sensible au DTT, des unités Kell négatives doivent être fournies une fois les allo-anticorps exclus ou identifiés à l’aide d’hématies traitées par le DTT.
  • Électrophorèse des protéines sériques et immunofixation : l’isatuximab peut être détecté dans les dosages utilisés pour surveiller la protéine M du myélome et peut interférer avec la classification de la réponse selon les critères de l’International Myeloma Working Group, là encore pendant au moins 6 mois après la dernière dose. Si une interférence est suspectée chez un patient ayant une très bonne réponse partielle persistante, un dosage d’immunofixation validé spécifique de l’isatuximab (Sebia Hydrashift) peut aider à distinguer l’isatuximab de la protéine M restante et ainsi étayer l’évaluation d’une réponse complète.
  • Aliments : aucune interaction alimentaire n’est décrite.

Administration et posologie

Le traitement est prescrit par un spécialiste du traitement des tumeurs malignes et administré par un professionnel de santé. Il existe deux formulations : Sarclisa 20 mg/ml, solution à diluer pour perfusion intraveineuse (10 mg/kg), et Sarclisa 1 400 mg, solution pour injection sous-cutanée (dose fixe). Les étiquettes des flacons doivent être vérifiées afin que la bonne formulation et la bonne dose soient administrées, et la solution sous-cutanée ne doit jamais être administrée par voie intraveineuse. Le traitement peut débuter avec l’une ou l’autre forme, et un patient recevant la forme intraveineuse peut passer à la forme sous-cutanée à tout moment, une fois le cycle 1 terminé.

Prémédication

La prémédication réduit le risque et la gravité des réactions liées à la perfusion ou des réactions systémiques liées à l’administration. Elle est administrée 15 à 60 minutes avant l’isatuximab, et la nécessité de la poursuivre peut être réévaluée après les 4 premières administrations si aucune réaction n’est survenue.

  • Dexaméthasone : 40 mg (20 mg à partir de 75 ans) avec le pomalidomide ; 20 mg avec le carfilzomib, ou avec le bortézomib et le lénalidomide. Il s’agit de la dose totale administrée une fois avant la perfusion, qui sert à la fois de prémédication et de partie du traitement en association. Dans les schémas intraveineux avec le carfilzomib ou avec le bortézomib et le lénalidomide, elle est administrée par voie intraveineuse les jours de perfusion de l’isatuximab et par voie orale les autres jours.
  • Montélukast 10 mg par voie orale (ou équivalent) : au moins lors du cycle 1 pour la forme intraveineuse, lors du cycle 1 uniquement pour la forme sous-cutanée.
  • Paracétamol 650 à 1 000 mg par voie orale (ou équivalent).
  • Diphénhydramine 25 à 50 mg par voie intraveineuse ou orale (ou un équivalent tel que la cétirizine, la prométhazine ou la dexchlorphéniramine) ; la voie intraveineuse est préférée au moins pour les 4 premières administrations.
  • Forme intraveineuse uniquement : un antagoniste des récepteurs H2 (ranitidine 50 mg par voie intraveineuse ou équivalent, par exemple la cimétidine) ou un inhibiteur de la pompe à protons par voie orale (par exemple l’oméprazole ou l’ésoméprazole).

Forme intraveineuse : dose et schéma

La dose est de 10 mg/kg de poids corporel en perfusion intraveineuse, administrée dans un environnement disposant de matériel de réanimation.

  • Avec le pomalidomide et la dexaméthasone, ou avec le carfilzomib et la dexaméthasone : cycle 1 (28 jours), chaque semaine aux jours 1, 8, 15 et 22 ; à partir du cycle 2 (cycles de 28 jours), toutes les 2 semaines aux jours 1 et 15. Le traitement est répété jusqu’à progression de la maladie ou toxicité inacceptable.
  • Avec le bortézomib, le lénalidomide et la dexaméthasone, myélome nouvellement diagnostiqué non éligible à la greffe : cycle 1 (42 jours), jours 1, 8, 15, 22 et 29 ; cycles 2 à 4 (cycles de 42 jours), toutes les 2 semaines aux jours 1, 15 et 29 ; cycles 5 à 17 (cycles de 28 jours), toutes les 2 semaines aux jours 1 et 15 ; à partir du cycle 18 (cycles de 28 jours), toutes les 4 semaines au jour 1. Le traitement se poursuit jusqu’à progression ou toxicité inacceptable.
  • Avec le bortézomib, le lénalidomide et la dexaméthasone, induction chez les patients éligibles à la greffe : cycle 1 (42 jours), jours 1, 8, 15, 22 et 29 ; cycles 2 à 3 (cycles de 42 jours), toutes les 2 semaines aux jours 1, 15 et 29. Le traitement est ensuite arrêté pour l’intensification (chimiothérapie à haute dose et autogreffe de cellules souches), suivie d’un traitement d’entretien standard.

Forme intraveineuse : vitesses de perfusion et réactions

  • Vitesses : la dose est diluée dans 250 ml. La première perfusion débute à 25 ml/heure pendant 60 minutes et, en l’absence de réaction, augmente de 25 ml/heure toutes les 30 minutes jusqu’à un maximum de 150 ml/heure. La deuxième perfusion débute à 50 ml/heure pendant 30 minutes, puis augmente de 50 ml/heure pendant 30 minutes et ensuite de 100 ml/heure, jusqu’à un maximum de 200 ml/heure. Les perfusions suivantes se déroulent à 200 ml/heure. La vitesse n’est augmentée qu’en l’absence de réactions liées à la perfusion.
  • Réaction de grade 2 : envisager une interruption temporaire et administrer des médicaments symptomatiques. Lorsque les symptômes sont de grade 1 ou inférieur, la perfusion peut être reprise à la moitié de la vitesse initiale sous surveillance étroite ; en l’absence de symptômes après 30 minutes, la vitesse peut revenir à la vitesse initiale puis augmenter progressivement.
  • Arrêt définitif : si les symptômes ne disparaissent pas rapidement ou ne s’améliorent pas jusqu’au grade 1 ou inférieur après l’interruption, persistent ou s’aggravent malgré le traitement, nécessitent une hospitalisation ou mettent la vie en danger, le traitement est arrêté définitivement avec un traitement de soutien. Les réactions d’hypersensibilité ou liées à la perfusion de grade 3 ou supérieur entraînent également l’arrêt définitif.

Forme sous-cutanée : dose et administration

  • Dose : 1 400 mg en injection sous-cutanée dans l’abdomen, avec les mêmes associations et les mêmes schémas de cycles que la forme intraveineuse (chaque semaine lors du cycle 1 puis toutes les 2 semaines avec le pomalidomide ou le carfilzomib ; les schémas de 42 jours et de 28 jours avec le bortézomib et le lénalidomide). Elle est administrée avec le CirCLIQ On-Body Delivery System ou, manuellement, avec une seringue et un set de perfusion (10 ml en environ 6 minutes).
  • Cadre : un professionnel de santé l’administre. Pour la première dose uniquement, un accès immédiat à un soutien médical doit être disponible en cas de réactions systémiques liées à l’administration. Après le cycle 1, les injections suivantes peuvent être réalisées au domicile du patient par un professionnel de santé, si cela est jugé approprié, en l’absence de réaction systémique liée à l’administration au cours du cycle précédent.
  • Technique : abdomen uniquement, en changeant de site à chaque fois ; aucun autre médicament n’est injecté dans cette zone ; la peau lésée, sensible, rouge, chaude, cicatricielle ou très poilue est évitée, de même que la zone située à moins de 5 cm du nombril pour l’injection manuelle.
  • Réaction systémique liée à l’administration, de grade 2 ou 3 : arrêter l’administration sans la terminer et administrer de la diphénhydramine 25 mg par voie intraveineuse (ou équivalent) et/ou de la méthylprednisolone 100 mg par voie intraveineuse (ou équivalent) et/ou d’autres soins de soutien. Après un grade 3, envisager une reprise à l’administration suivante prévue. Une troisième réaction de grade 3, ou toute réaction de grade 4, entraîne l’arrêt définitif.
  • Réaction au site d’injection : de grade 2, interrompre et reprendre uniquement lorsqu’elle est de grade 1 ou inférieur, avec des pauses (dispositif) ou une injection plus lente (manuelle) ; après l’injection, continuer une fois la réaction revenue au grade 1 ou inférieur. Un grade 3 ou 4 entraîne l’arrêt définitif.

Ajustements de dose, dose oubliée et prévention des infections

  • Ajustements de dose : la réduction de la dose n’est pas recommandée pour la forme intraveineuse et n’est pas autorisée pour la forme sous-cutanée ; les doses sont plutôt retardées ou omises. En cas de neutropénie de grade 3 ou 4, ou de neutropénie fébrile et/ou d’infection neutropénique, l’isatuximab est retardé ou omis jusqu’à la récupération. Les facteurs de croissance des colonies tels que le G-CSF doivent être envisagés pour réduire le risque de neutropénie.
  • Prévention des infections : une prophylaxie antibactérienne et antivirale, telle qu’une prophylaxie du zona, doit être envisagée pendant le traitement.
  • Dose oubliée : l’administrer dès que possible et ajuster le schéma de manière à conserver l’intervalle de traitement.
  • Médicaments associés : le RCP en vigueur de chaque médicament administré avec l’isatuximab s’applique à ce médicament.

Populations particulières

  • Sujets âgés : aucun ajustement de la dose.
  • Insuffisance rénale : aucun ajustement en cas d’insuffisance légère à sévère, y compris la maladie rénale au stade terminal.
  • Insuffisance hépatique : aucun ajustement en cas d’insuffisance légère ; les données en cas d’insuffisance modérée et sévère sont limitées, mais rien n’indique qu’un ajustement soit nécessaire.
  • Enfants et adolescents : la sécurité et l’efficacité avant 18 ans n’ont pas été établies dans les indications autorisées. La forme intraveineuse a été étudiée chez des enfants âgés de 28 jours à moins de 18 ans atteints de leucémie aiguë lymphoblastique ou myéloïde en rechute ou réfractaire, sans efficacité démontrée, et aucune recommandation posologique ne peut être formulée.

Précautions particulières

Traçabilité

Le nom et le numéro de lot du produit administré doivent être clairement consignés, car l’isatuximab est un médicament biologique.

Réactions liées à la perfusion et réactions systémiques liées à l’administration

  • Forme intraveineuse : des réactions liées à la perfusion, le plus souvent légères ou modérées, sont survenues chez 38,2 % des patients avec Isa-Pd (ICARIA-MM), 45,8 % avec le carfilzomib et la dexaméthasone (IKEMA), 24,0 % avec le bortézomib, le lénalidomide et la dexaméthasone (IMROZ) et 12,7 % pendant l’induction dans GMMG-HD7. Elles débutent généralement lors de la première perfusion et ont disparu le jour même pour 98 % des perfusions dans ICARIA-MM. Les symptômes les plus courants sont la dyspnée, la toux, les frissons et les nausées ; les signes sévères les plus courants sont l’hypertension, la dyspnée et le bronchospasme. Des réactions graves, y compris une anaphylaxie sévère, ont été observées, et des réactions anaphylactiques d’issue fatale ont été rapportées.
  • Prévention et prise en charge : une prémédication est administrée et les signes vitaux sont surveillés fréquemment tout au long de la perfusion. Si nécessaire, la perfusion est interrompue et des soins médicaux et de soutien appropriés sont fournis. L’isatuximab est arrêté définitivement après une réaction anaphylactique ou une réaction à la perfusion mettant la vie en danger (grade 4), ou si les symptômes ne s’améliorent pas jusqu’au grade 1 ou inférieur, persistent ou s’aggravent malgré le traitement, ou nécessitent une hospitalisation.
  • Forme sous-cutanée : les réactions systémiques liées à l’administration sont beaucoup moins fréquentes, et les réactions au site d’injection sont toutes de grade 2 ou inférieur.

Neutropénie et infections

La neutropénie est fréquente (voir Effets indésirables). La numération sanguine doit être surveillée, et la dose est retardée ou omise en cas de neutropénie de grade 3 ou 4, de neutropénie fébrile ou d’infection neutropénique jusqu’à la récupération. La pneumonie et les infections des voies respiratoires supérieures sont les infections les plus fréquentes, et certaines sont d’issue fatale ; une prophylaxie antibactérienne et antivirale doit donc être envisagée.

Interférence avec les examens de laboratoire

L’isatuximab interfère avec la sérologie de la banque de sang et avec les dosages de la protéine M pendant au moins 6 mois après la dernière dose ; voir Interactions médicamenteuses.

Grossesse, allaitement et fertilité

  • Contraception : les femmes en âge de procréer utilisent une contraception efficace pendant le traitement et pendant 7 mois après son arrêt.
  • Grossesse : il n’existe pas de données chez la femme enceinte et aucune étude de reproduction n’a été menée chez l’animal. Les anticorps IgG1 sont connus pour traverser le placenta après le premier trimestre. L’utilisation pendant la grossesse n’est pas recommandée.
  • Allaitement : on ignore si l’isatuximab passe dans le lait maternel. Les IgG humaines apparaissent dans le lait pendant les premiers jours après la naissance et tombent à de faibles niveaux peu après, de sorte qu’un risque pour le nourrisson ne peut être exclu pendant cette courte période, et il faut décider s’il convient d’interrompre l’allaitement ou d’arrêter ou d’éviter l’isatuximab. Ensuite, l’isatuximab pourrait être utilisé pendant l’allaitement si cela est cliniquement nécessaire.
  • Fertilité : aucune donnée n’est disponible chez l’être humain ni chez l’animal.

Excipients

Les flacons intraveineux contiennent du polysorbate 80 (1 mg dans le flacon de 5 ml, 5 mg dans le flacon de 25 ml).

Effet sur la conduite

L’isatuximab a une influence mineure à modérée sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Une fatigue et des sensations vertigineuses ont été rapportées et doivent être prises en compte.

Conditions de conservation

Les deux formulations se conservent au réfrigérateur à 2–8 °C, dans l’emballage d’origine à l’abri de la lumière. Ne pas congeler. Il s’agit d’un produit de la chaîne du froid, maintenu au réfrigérateur pendant le transport et le stockage.

  • Flacons sous-cutanés : les flacons non perforés peuvent être conservés à température ambiante (jusqu’à 30 °C) pendant une seule période pouvant aller jusqu’à 24 heures. Une fois qu’un flacon a été sorti du réfrigérateur, il ne doit pas y être remis.
  • Solution intraveineuse diluée : aucune protection contre la lumière n’est nécessaire dans la poche de perfusion. Pour les durées limites, voir Durée de conservation.
  • Dispositif sous-cutané : le CirCLIQ On-Body Delivery System s’utilise entre 18 et 28 °C à la lumière ambiante ; sa conservation suit sa propre notice d’utilisation.

Durée de conservation

  • Flacons non ouverts : 3 ans, pour les deux formulations.
  • Voie intraveineuse, après dilution : la stabilité chimique et physique en cours d’utilisation a été démontrée pendant 48 heures à 2–8 °C, suivies de 8 heures (temps de perfusion compris) à température ambiante (15–25 °C). D’un point de vue microbiologique, la solution doit être utilisée immédiatement ; sinon, les durées et conditions de conservation en cours d’utilisation relèvent de la responsabilité de l’utilisateur et ne dépasseraient normalement pas 24 heures à 2–8 °C, sauf si la dilution a eu lieu dans des conditions aseptiques contrôlées et validées.
  • Voie sous-cutanée, après ouverture du flacon : 4 heures (temps d’injection compris) à 15–25 °C à la lumière ambiante, pour une utilisation avec le dispositif CirCLIQ ou avec une seringue. Une fois le flacon perforé pour le dispositif, l’injection doit être réalisée dès que possible ; si elle n’est pas terminée dans les 4 heures, le flacon et le dispositif sont jetés.

Conditions de délivrance en pharmacie

Sur ordonnance uniquement (Rx), médicament soumis à prescription médicale restreinte (Annexe II B), sur prescription d’un spécialiste du traitement des tumeurs malignes. L’isatuximab est administré par un professionnel de santé : les perfusions intraveineuses dans un environnement disposant de matériel de réanimation, et les injections sous-cutanées en clinique, les injections suivantes pouvant être réalisées au domicile du patient par un professionnel de santé après un premier cycle sans réaction systémique liée à l’administration. Il n’est pas auto-administré. Il est fourni à l’hôpital ou à la clinique qui l’administre, dans la chaîne du froid à 2–8 °C.

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Avis important

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DrugBank — Isatuximab (DB14811); EMA SmPC — Sarclisa

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