Alpélisib
Inhibiteur de PI3Kα (inhibiteur de kinases)
L’alpélisib est un inhibiteur oral de l’isoforme alpha de la phosphatidylinositol-3-kinase (PI3Kα) de classe I. Les mutations activatrices de PIK3CA, le gène de la sous-unité catalytique α de cette enzyme, activent la signalisation PI3K/AKT et favorisent la croissance tumorale et la surcroissance tissulaire ; l’alpélisib bloque cette voie. Dans l’UE, il est autorisé sous la forme de deux médicaments aux usages différents : Piqray, pris avec le fulvestrant, chez les femmes ménopausées et les hommes atteints d’un cancer du sein HR positif, HER2 négatif, localement avancé ou métastatique, avec une mutation de PIK3CA, après progression sous un schéma à base d’hormonothérapie ; et Vijoice, chez les adultes et les enfants âgés de 2 ans et plus présentant des manifestations sévères ou engageant le pronostic vital du spectre de surcroissance lié à PIK3CA (PROS) et nécessitant un traitement systémique. Les deux sont des comprimés pris une fois par jour immédiatement après un repas. Avec Piqray, l’hyperglycémie est le principal problème de sécurité, avec l’éruption cutanée, la diarrhée et la pneumopathie inflammatoire.
Disponible sous les noms de marque
Ce principe actif est commercialisé sous les noms de marque suivants, selon la région et le fabricant :
- Piqray ®
- Vijoice ®
Les noms de marque sont des marques déposées de leurs propriétaires respectifs. Pharmalogistic ne représente, ne fabrique ni ne distribue les produits de marque énumérés ci-dessus.
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Questions fréquentes
Alpélisib : à quoi sert ce médicament ?
L’alpélisib est un inhibiteur oral de l’isoforme alpha de la phosphatidylinositol-3-kinase (PI3Kα) de classe I. Les mutations activatrices de PIK3CA, le gène de la sous-unité catalytique α de cette enzyme, activent la signalisation PI3K/AKT et favorisent la croissance tumorale et la surcroissance tissulaire ; l’alpélisib bloque cette voie.
Alpélisib : faut-il une ordonnance ?
Oui. Alpélisib est un médicament soumis à prescription médicale. Une ordonnance valide d'un médecin agréé est requise, et les règles de prescription du pays de destination sont vérifiées avant toute expédition.
Alpélisib : quelles sont les conditions de conservation ?
Conserver Alpélisib à Aucune condition particulière de conservation, dans l'emballage d'origine, à l'abri de la lumière et hors de la portée des enfants.
Alpélisib : une expédition réfrigérée (chaîne du froid) est-elle nécessaire ?
Non. Alpélisib est stable à Aucune condition particulière de conservation ; un emballage de protection standard suffit donc, tout en assurant une protection contre la chaleur et l'humidité pendant le transport.
Alpélisib : sous quels noms de marque ce principe actif est-il commercialisé ?
On trouve Alpélisib sous les noms de marque Piqray, Vijoice, selon le pays et le fabricant. Les noms de marque sont des marques de leurs propriétaires respectifs ; Pharmalogistic ne représente ni ne distribue les produits de marque.
Alpélisib : quels dosages sont disponibles ?
Alpélisib est disponible dans les dosages suivants : Comprimés pelliculés à 50 mg (Piqray), Comprimés pelliculés à 150 mg (Piqray), Comprimés pelliculés à 200 mg (Piqray), Comprimés pelliculés à 50 mg (Vijoice), Comprimés pelliculés à 125 mg (Vijoice). Le dosage approprié et le schéma posologique sont déterminés par le médecin traitant.
Alpélisib : quelle est sa durée de conservation ?
La durée de conservation de Alpélisib est de 4 ans (Piqray) ; 3 ans (Vijoice) lorsque les conditions de conservation recommandées sont respectées. Ne pas utiliser après la date de péremption indiquée sur l'emballage.
Informations médicales et recommandations
Pharmacologie, indications et profil de sécurité de ce principe actif
Action pharmacologique
L’alpélisib est un inhibiteur de la phosphatidylinositol-3-kinase (PI3K) de classe I spécifique de l’isoforme α. La voie PI3K/AKT relaie les signaux des facteurs de croissance qui contrôlent la prolifération cellulaire, et elle régule aussi la gestion du glucose. Une mutation avec gain de fonction de PIK3CA, le gène de la sous-unité catalytique α, rend la PI3Kα hyperactive dans certains cancers et dans le PROS. L’alpélisib s’y oppose en inhibant l’enzyme, avec sa plus grande spécificité pour l’isoforme α.
Mécanisme d’action
- Inhibition de la PI3Kα : l’alpélisib est un inhibiteur de la PI3K de classe I spécifique de l’isoforme α. Les mutations avec gain de fonction de PIK3CA entraînent l’activation de la PI3Kα et de la signalisation AKT, la transformation cellulaire et la formation de tumeurs dans des modèles de laboratoire.
- Effet antitumoral : dans des lignées cellulaires de cancer du sein, l’alpélisib a inhibé la phosphorylation des cibles en aval de la PI3K, dont AKT, et s’est montré actif dans des lignées cellulaires porteuses d’une mutation de PIK3CA. Dans des modèles de xénogreffe, il a inhibé la signalisation PI3K/AKT et réduit la croissance tumorale.
- Association au fulvestrant : l’inhibition de la PI3K augmente la transcription du récepteur des œstrogènes dans les cellules de cancer du sein. Dans des modèles de xénogreffe issus de lignées cellulaires à récepteurs des œstrogènes positifs et porteuses d’une mutation de PIK3CA, l’alpélisib associé au fulvestrant a eu une activité antitumorale supérieure à celle de chacun des deux pris seul.
- Homéostasie du glucose : la voie PI3K/AKT régit aussi l’homéostasie du glucose ; l’hyperglycémie est donc un effet attendu, lié à la cible, de l’inhibition de la PI3K.
Pharmacocinétique
- Absorption : le délai médian pour atteindre la concentration maximale est de 2 à 4 heures, indépendamment de la dose, du moment ou du schéma posologique. La biodisponibilité est estimée à plus de 99 % avec des aliments et est plus faible à jeun (environ 68,7 % à 300 mg). L’état d’équilibre est atteint vers le jour 3 chez la plupart des patients.
- Effet des aliments : par rapport au jeûne, un repas riche en graisses et en calories a augmenté l’ASC de 73 % et la Cmax de 84 %, et un repas pauvre en graisses et en calories a augmenté l’ASC de 77 % et la Cmax de 145 %. Les deux repas n’ont pas différé de façon significative ; la teneur en graisses et en calories importe donc peu, ce qui compte est de prendre les comprimés immédiatement après un repas.
- Distribution : liaison modérée aux protéines plasmatiques, avec une fraction libre de 10,8 % quelle que soit la concentration ; répartition égale entre les globules rouges et le plasma (rapport sang/plasma de 1,03). Volume de distribution à l’état d’équilibre d’environ 114 l. L’alpélisib étant un substrat de transporteurs d’efflux, le franchissement de la barrière hémato-encéphalique n’est pas attendu chez l’homme.
- Métabolisme : la voie principale est l’hydrolyse chimique et enzymatique de l’amide en métabolite BZG791, réalisée dans tout l’organisme par des enzymes à forte capacité (estérases, amidases, cholinestérase) et non limitée au foie. Une hydroxylation médiée par le CYP3A4 suit, et l’alpélisib peut aussi être glucuronoconjugué.
- Élimination : demi-vie moyenne d’environ 8 à 9 heures. Environ 81 % d’une dose orale sont retrouvés dans les fèces (36 % sous forme inchangée, 32 % sous forme de BZG791) et environ 14 % dans les urines.
- Populations particulières : pour Piqray, aucun ajustement posologique n’est nécessaire sur le plan pharmacocinétique à partir de 65 ans, en cas d’insuffisance rénale légère ou modérée, ou en cas d’insuffisance hépatique légère, modérée ou sévère.
Indications
L’alpélisib est autorisé dans l’UE sous la forme de deux médicaments aux indications différentes.
- Cancer du sein (Piqray) : en association au fulvestrant, chez les femmes ménopausées et les hommes atteints d’un cancer du sein localement avancé ou métastatique à récepteurs hormonaux (HR) positifs et à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (HER2) négatif, avec une mutation de PIK3CA, après progression de la maladie à la suite d’un schéma à base d’hormonothérapie. Une mutation de PIK3CA doit être confirmée dans un échantillon de tumeur ou de plasma avant le traitement.
- Spectre de surcroissance lié à PIK3CA (Vijoice) : adultes et patients pédiatriques âgés de 2 ans et plus présentant des manifestations sévères ou engageant le pronostic vital du PROS et nécessitant un traitement systémique.
Contre-indications
- Hypersensibilité à l’alpélisib ou à l’un des excipients (à la fois pour Piqray et pour Vijoice).
Effets indésirables
Les deux médicaments disposent de données de sécurité distinctes. Avec Piqray, l’hyperglycémie, l’éruption cutanée et la diarrhée font partie des réactions qui conduisent le plus souvent à l’arrêt du traitement (voir Précautions particulières).
Piqray avec le fulvestrant. Le profil de sécurité repose sur 376 patients ayant reçu Piqray plus le fulvestrant dans deux études de phase 3 en double aveugle, contrôlées par placebo. Les réactions les plus fréquentes (chez plus de 40 % des patients) ont été une glycémie plasmatique augmentée (77,4 %), une créatinine augmentée (68,9 %), une diarrhée (57,7 %), une diminution du nombre de lymphocytes (56,4 %), une gamma-glutamyltransférase augmentée (54,5 %), une éruption cutanée (50,0 %), une alanine aminotransférase augmentée (47,6 %), des nausées (46,3 %), une anémie (45,7 %), une fatigue (43,4 %) et une lipase augmentée (40,2 %). Les réactions de grade 3 ou 4 les plus fréquentes ont été une glycémie plasmatique augmentée (35,6 %), une éruption cutanée (20,2 %) et une gamma-glutamyltransférase augmentée (13,3 %). Les réactions qui ont le plus souvent conduit à l’arrêt du traitement ont été l’hyperglycémie (5,6 %), l’éruption cutanée (5,1 %), la diarrhée (2,7 %) et la fatigue (1,9 %).
Très fréquents (≥1/10) : anémie, diminution du nombre de lymphocytes, diminution du nombre de plaquettes, glycémie plasmatique augmentée, glycémie plasmatique diminuée, diminution de l’appétit, hypokaliémie, hypocalcémie, magnésium diminué, céphalées, dysgueusie, diarrhée, nausées, stomatite, vomissements, douleur abdominale, dyspepsie, éruption cutanée, alopécie, prurit, sécheresse cutanée, fatigue, inflammation des muqueuses, œdème périphérique, pyrexie, sécheresse des muqueuses, perte de poids, créatinine sanguine augmentée, gamma-glutamyltransférase augmentée, alanine aminotransférase augmentée, lipase augmentée, temps de céphaline activée allongé, albumine diminuée.
Fréquents (≥1/100 à <1/10) : infection des voies urinaires, hypersensibilité, déshydratation, insomnie, vision trouble, sécheresse oculaire, hypertension, lymphœdème, pneumopathie inflammatoire (y compris pneumopathie interstitielle diffuse), douleur dentaire, gingivite, douleur gingivale, chéilite, érythème, dermatite, syndrome d’érythrodysesthésie palmo-plantaire, spasmes musculaires, myalgie, ostéonécrose de la mâchoire, atteinte rénale aiguë, œdème (y compris œdème du visage et œdème palpébral), hémoglobine glyquée augmentée.
Peu fréquents (≥1/1 000 à <1/100) : acidocétose (y compris acidocétose diabétique), pancréatite, érythème polymorphe, syndrome de Stevens-Johnson.
Fréquence indéterminée : syndrome hyperglycémique hyperosmolaire non cétosique (HHNKS), uvéite, colite, réaction médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (DRESS), angiœdème. Ces données proviennent de notifications après commercialisation, pour lesquelles la fréquence ne peut pas être estimée de façon fiable.
Une hyperglycémie de grade 3 ou 4 a été plus fréquente chez les patients âgés de 65 ans ou plus (44,6 %) que chez les patients plus jeunes (32,4 %), et chez ceux âgés de 75 ans ou plus (47,8 %) que chez ceux de moins de 75 ans (36,1 %).
Vijoice. Les données de sécurité proviennent de revues rétrospectives de dossiers médicaux de 18 adultes et 39 enfants traités dans le cadre d’un programme d’usage compassionnel (exposition médiane de 42 mois), et d’une étude de phase 2 chez 89 enfants (exposition médiane d’environ 30 mois). Le RCP de Vijoice indique la catégorie de fréquence de chaque réaction.
- Adultes (revues de dossiers) : les réactions les plus fréquentes ont été l’hyperglycémie (27,8 %), la diarrhée (27,8 %), les céphalées (22,2 %), la stomatite (16,7 %), l’alopécie (16,7 %), la dermatite (16,7 %), la sécheresse cutanée (16,7 %) et les nausées (11,1 %). Les réactions de grade 3 ou 4 ont été une diminution du phosphate sanguin (11,1 %), une déshydratation (5,6 %), une créatinine sanguine augmentée (5,6 %) et une glycémie augmentée (5,6 %). Les réactions graves ont été la déshydratation et l’hyperglycémie (5,6 % chacune).
- Enfants (revues de dossiers) : les réactions les plus fréquentes ont été la stomatite (23,1 %) et la diarrhée (12,8 %). Aucune réaction de grade 3 ou 4 n’a été rapportée. Les réactions graves ont été les vomissements et la déshydratation (2,6 % chacune).
- Enfants (étude de phase 2) : les réactions les plus fréquentes ont été la douleur abdominale (33,7 %), les céphalées (30,3 %), la diarrhée (28,1 %) et les vomissements (24,7 %). Les réactions de grade 3 ou 4 ont été une lipase augmentée (3,4 %), une diminution de l’appétit (1,1 %) et une diarrhée (1,1 %). Les réactions graves ont été la diarrhée, les céphalées et l’éruption cutanée (1,1 % chacune). Les doses ont été interrompues en raison d’une réaction chez 9,0 % des patients, et l’alopécie (2,2 %) et la diminution de l’appétit (1,1 %) ont conduit à l’arrêt définitif.
Parmi les réactions graves importantes avec Piqray figurent l’hypersensibilité (réaction anaphylactique, choc anaphylactique, angiœdème), les réactions cutanées sévères (syndrome de Stevens-Johnson, érythème polymorphe, DRESS), l’hyperglycémie sévère avec HHNKS ou acidocétose (certains cas après commercialisation ayant été fatals), la pneumopathie inflammatoire, la diarrhée sévère avec déshydratation et atteinte rénale aiguë, et l’ostéonécrose de la mâchoire, qui, dans les études, n’est survenue que chez des patients ayant reçu auparavant ou en même temps un traitement par bisphosphonates ou inhibiteurs du ligand RANK.
Interactions médicamenteuses
- Inhibiteurs de la BCRP (par exemple eltrombopag, lapatinib, pantoprazole) : l’alpélisib est un substrat de la BCRP in vitro, et la BCRP intervient dans son élimination par le foie et l’intestin. L’inhibition de la BCRP peut augmenter l’exposition à l’alpélisib ; la prudence et la surveillance de la toxicité sont donc recommandées.
- Médicaments réduisant l’acidité gastrique : l’antagoniste des récepteurs H2 ranitidine a légèrement diminué l’exposition à l’alpélisib. Avec un repas pauvre en graisses et en calories, l’ASC a diminué de 21 % et la Cmax de 36 % ; en l’absence de repas, l’effet a été plus important (ASC diminuée de 30 %, Cmax diminuée de 51 %). Une analyse de population n’a pas mis en évidence d’effet significatif des médicaments réduisant l’acidité gastrique, y compris les inhibiteurs de la pompe à protons, les antagonistes des récepteurs H2 et les antiacides. Ils peuvent être pris avec l’alpélisib, à condition que l’alpélisib soit pris immédiatement après un repas.
- Inducteurs puissants du CYP3A4 : la rifampicine (600 mg par jour pendant 7 jours, puis une dose unique de 300 mg d’alpélisib) a diminué la Cmax de l’alpélisib de 38 % et l’ASC de 57 % chez des adultes sains. Le millepertuis induit aussi le CYP3A et peut diminuer les concentrations d’alpélisib. Les patients doivent informer le prescripteur de tout médicament ou produit à base de plantes de ce type ; le RCP (rubrique 4.5) donne l’ensemble des recommandations.
- Autres médicaments : l’alpélisib peut aussi modifier l’exposition à d’autres médicaments. Le prescripteur consulte la liste complète à la rubrique 4.5 du RCP.
- Bisphosphonates et inhibiteurs du ligand RANK (par exemple acide zolédronique, denosumab) : une ostéonécrose de la mâchoire est survenue chez des patients qui les prenaient. La prudence s’impose lorsqu’ils sont administrés en même temps que l’alpélisib ou l’un après l’autre.
- Médicaments antidiabétiques : les patients diabétiques peuvent avoir besoin d’un traitement antidiabétique intensifié pendant la prise d’alpélisib.
- Fulvestrant : le partenaire d’association de Piqray (voir Administration et posologie).
- Aliments : prendre les comprimés immédiatement après un repas, à peu près à la même heure chaque jour.
Administration et posologie
Piqray doit être instauré par un médecin expérimenté dans les traitements anticancéreux ; Vijoice, par un médecin expérimenté dans la prise en charge du PROS. Les deux sont des comprimés oraux pris une fois par jour, immédiatement après un repas, à peu près à la même heure chaque jour. Les comprimés de Piqray sont avalés entiers et ne doivent pas être mâchés, écrasés ni coupés ; les comprimés cassés, fissurés ou autrement non intacts ne doivent pas être pris.
Piqray : dose recommandée
- 300 mg (deux comprimés à 150 mg) une fois par jour, en continu. La dose quotidienne maximale recommandée est de 300 mg.
- Avec le fulvestrant : 500 mg par voie intramusculaire aux jours 1, 15 et 29, puis une fois par mois (voir le RCP du fulvestrant).
- Sélection des patients : une mutation de PIK3CA doit être mise en évidence dans un échantillon de tumeur ou de plasma, testé avec un dispositif médical de diagnostic in vitro portant le marquage CE et ayant la destination appropriée (ou un autre test validé si aucun n’est disponible). Si aucune mutation n’est détectée dans le plasma, le tissu tumoral doit être testé s’il est disponible.
- Durée : tant qu’un bénéfice clinique est observé ou jusqu’à une toxicité inacceptable.
Piqray : adaptations de la dose en cas d’effets indésirables
- Paliers de dose : dose initiale de 300 mg par jour (2 × comprimés à 150 mg) ; première réduction à 250 mg par jour (1 × comprimé à 200 mg et 1 × comprimé à 50 mg) ; seconde réduction à 200 mg par jour (1 × comprimé à 200 mg). Un maximum de deux réductions est recommandé, après quoi le traitement est arrêté définitivement. La réduction se fonde sur la toxicité la plus sévère antérieure, et une seule réduction est autorisée en cas de pancréatite.
- Réactions spécifiques : les tableaux du RCP précisent, selon la sévérité, quand interrompre, réduire ou arrêter Piqray en cas d’hyperglycémie, de réactions cutanées sévères, de diarrhée ou de colite, et d’autres réactions. Pour ces décisions, il convient de suivre le RCP.
Vijoice : dose recommandée
- Adultes : 250 mg une fois par jour.
- Enfants et adolescents âgés de 2 à moins de 18 ans : dose initiale de 50 mg une fois par jour. À partir de 6 ans, une augmentation à 125 mg une fois par jour peut être envisagée pour optimiser la réponse (clinique ou radiologique) après 24 semaines à 50 mg. De 2 à moins de 6 ans, la dose reste à 50 mg. Lorsqu’un jeune atteint 18 ans, une augmentation progressive jusqu’à 250 mg doit être envisagée.
- Arrêt : le traitement est arrêté si la maladie progresse, si les symptômes liés au PROS s’aggravent ou si la toxicité devient inacceptable, selon l’appréciation du médecin traitant.
- Réductions de dose : chez l’adulte, de 250 mg à 125 mg une fois par jour, puis de 125 mg à 50 mg. Chez l’enfant, de 125 mg à 50 mg une fois par jour ; il n’y a pas de réduction supplémentaire à partir de 50 mg. Vijoice est arrêté chez les adultes ou les enfants qui ne tolèrent pas 50 mg par jour.
Populations particulières
- Personnes âgées (Piqray) : aucun ajustement posologique à partir de 65 ans. Les données sont limitées à partir de 75 ans, et surtout à partir de 85 ans.
- Insuffisance rénale (Piqray) : aucun ajustement posologique en cas d’insuffisance légère ou modérée. La prudence s’impose en cas d’insuffisance sévère, pour laquelle il n’existe pas d’expérience.
- Insuffisance hépatique (Piqray) : aucun ajustement posologique en cas d’insuffisance légère, modérée ou sévère (classe A, B ou C de Child-Pugh), d’après une étude menée chez des sujets non atteints de cancer.
- Enfants et adolescents : la sécurité et l’efficacité de Piqray chez les enfants âgés de 0 à 18 ans n’ont pas été établies. Vijoice est utilisé à partir de 2 ans (voir ci-dessus).
Dose oubliée ou vomie
- Une dose oubliée peut être prise immédiatement après un repas, dans les 9 heures suivant l’heure habituelle. Au-delà de 9 heures, la dose est omise ce jour-là et la dose suivante est prise à l’heure habituelle.
- Si des vomissements surviennent après une dose, ne pas prendre de dose supplémentaire ce jour-là ; reprendre à l’heure habituelle le lendemain.
Précautions particulières
Les mises en garde ci-dessous sont tirées du RCP de Piqray. Le RCP de Vijoice (rubrique 4.4) donne les recommandations correspondantes pour les patients atteints de PROS.
Hyperglycémie
- Risque : une hyperglycémie sévère, dans certains cas avec un syndrome hyperglycémique hyperosmolaire non cétosique (HHNKS) ou une acidocétose, est survenue, et certains cas d’acidocétose ont été fatals après la commercialisation. Dans les études de phase 3, une hyperglycémie a été rapportée chez 68,6 % des patients (de grade 3 chez 33,5 %, de grade 4 chez 4,0 %).
- Risque accru : une hyperglycémie de grade 3 ou 4 est survenue chez 15 des 18 patients diabétiques, chez 47,4 % des patients prédiabétiques, chez 51,6 % de ceux ayant un IMC de 30 ou plus et chez 47,8 % de ceux âgés de 75 ans ou plus.
- Avant le traitement : mesurer la glycémie plasmatique à jeun et l’HbA1c, et optimiser la glycémie.
- Après le début : l’hyperglycémie pouvant survenir rapidement, la glycémie à jeun est contrôlée aux semaines 1, 2, 4, 6 et 8, puis une fois par mois, et les patients pratiquent régulièrement une autosurveillance, plus souvent pendant les 4 premières semaines et surtout pendant les 2 premières semaines, selon les instructions d’un professionnel de santé. Les patients diabétiques, prédiabétiques, ayant un IMC de 30 ou plus, ou âgés de 75 ans ou plus, surveillent leur glycémie à jeun tous les jours pendant les 2 premières semaines, puis aussi souvent que nécessaire. L’HbA1c est contrôlée après 4 semaines puis tous les 3 mois.
- En cas d’hyperglycémie : surveiller régulièrement la glycémie à jeun, au moins jusqu’à son retour à la normale. Pendant le traitement antidiabétique, la contrôler au moins une fois par semaine pendant 8 semaines, puis toutes les 2 semaines, sous la conduite d’un professionnel expérimenté dans le traitement de l’hyperglycémie.
- Conseils au patient : expliquer les mesures liées au mode de vie susceptibles de faire baisser la glycémie (restrictions alimentaires, activité physique) et les symptômes à surveiller : soif excessive, mictions plus fréquentes ou plus abondantes, et augmentation de l’appétit avec perte de poids.
- Prise en charge : dans les études, 86 % des patients présentant une hyperglycémie ont été traités par des médicaments antidiabétiques, le plus souvent la metformine seule ou associée à d’autres agents. Une hyperglycémie de grade 2 ou plus s’est améliorée d’au moins un grade après une médiane de 8 jours, et la glycémie à jeun est revenue à sa valeur initiale chez 95,0 % des patients qui sont restés sous fulvestrant après l’arrêt de Piqray.
- Diabète : la sécurité de Piqray dans le diabète de type 1 et le diabète de type 2 non contrôlé n’a pas été établie (ces patients ont été exclus des essais). Les patients ayant des antécédents de diabète peuvent avoir besoin d’un traitement intensifié et d’une surveillance étroite.
- Modifications de dose : selon la sévérité, il peut être nécessaire d’interrompre, de réduire ou d’arrêter Piqray, comme indiqué dans le RCP.
Hypersensibilité
Des réactions d’hypersensibilité graves (réaction anaphylactique, choc anaphylactique, angiœdème) ont été rapportées, avec des symptômes tels que l’essoufflement, des bouffées vasomotrices, une éruption cutanée, de la fièvre ou des battements cardiaques rapides. Piqray doit être arrêté définitivement et ne pas être repris, et un traitement approprié doit être instauré rapidement.
Éruption cutanée et réactions cutanées sévères
- Réactions sévères : un syndrome de Stevens-Johnson et un érythème polymorphe ont été rapportés chez 0,5 % et 0,8 % des patients dans les études de phase 3, et un DRESS après la commercialisation. Piqray ne doit pas être instauré chez les patients ayant des antécédents de réactions cutanées sévères.
- Signes d’alerte : un prodrome de fièvre, de symptômes pseudo-grippaux, de lésions des muqueuses ou d’une éruption cutanée progressive. Si ces signes apparaissent, Piqray est interrompu jusqu’à ce que la cause soit connue, et un dermatologue est consulté. Si une réaction sévère est confirmée, Piqray est arrêté définitivement et jamais repris ; si elle n’est pas confirmée, il peut être interrompu, réduit ou arrêté conformément au RCP.
- Éruption cutanée dans son ensemble : une éruption cutanée est survenue chez 51,9 % des patients, de grade 2 chez 13,0 % et de grade 3 chez 20,7 %, à une médiane de 12 jours après le début du traitement. Chez les patients ayant reçu un traitement préventif de l’éruption cutanée, notamment des antihistaminiques, l’éruption était moins fréquente (28,9 % contre 51,9 %) ; des antihistaminiques peuvent donc être instaurés dès le début du traitement.
Pneumopathie inflammatoire
Des cas de pneumopathie inflammatoire, y compris des cas graves de pneumopathie interstitielle aiguë, ont été rapportés. Les patients doivent signaler rapidement tout symptôme respiratoire nouveau ou qui s’aggrave. En cas de suspicion de pneumopathie inflammatoire, Piqray est interrompu immédiatement et le patient est évalué ; une pneumopathie inflammatoire non infectieuse est envisagée chez les patients présentant une hypoxie, une toux, un essoufflement ou des infiltrats interstitiels à l’imagerie, une fois les autres causes exclues. Piqray est arrêté définitivement si la pneumopathie inflammatoire est confirmée.
Diarrhée ou colite
- Surveillance : les patients sont surveillés à la recherche d’une diarrhée et d’autres signes de colite, tels que douleur abdominale et mucus ou sang dans les selles.
- Fréquence : une diarrhée est survenue chez 57,7 % des patients (de grade 3 chez 6,1 %) ; pour les grades 2 ou 3, le délai médian d’apparition était de 49,5 jours. Une diarrhée sévère avec déshydratation et atteinte rénale aiguë a été rapportée et a disparu avec un traitement approprié. Des médicaments antidiarrhéiques tels que le lopéramide ont été nécessaires chez 62,2 % des patients concernés.
- Conseils : les patients doivent commencer un traitement antidiarrhéique, boire davantage de liquides et prévenir leur médecin en cas de diarrhée ou d’autres symptômes de colite. En cas de colite, un traitement supplémentaire tel que des corticoïdes peut être envisagé. Il peut être nécessaire d’interrompre, de réduire ou d’arrêter Piqray selon la sévérité.
Ostéonécrose de la mâchoire
La prudence s’impose lorsque Piqray est administré avec des bisphosphonates ou des inhibiteurs du ligand RANK (par exemple le denosumab), en même temps ou l’un après l’autre. Ne pas instaurer Piqray chez les patients présentant une ostéonécrose de la mâchoire en cours liée à un traitement antérieur ou actuel par bisphosphonates ou denosumab. Les patients doivent signaler rapidement tout symptôme buccal nouveau ou qui s’aggrave (dents qui bougent, douleur ou gonflement, plaies buccales qui ne cicatrisent pas, écoulement). Une prise en charge médicale standard est instaurée en cas d’ostéonécrose de la mâchoire. Dans les études, elle est survenue chez 5,1 % des patients, qui avaient tous reçu auparavant ou en même temps un traitement par bisphosphonates ou inhibiteurs du ligand RANK.
Traitement antérieur par fulvestrant et atteinte viscérale
L’efficacité n’est pas considérée comme établie chez les patients ayant déjà reçu du fulvestrant (données limitées, 39 patients). L’efficacité et la sécurité n’ont pas été étudiées chez les patients présentant une atteinte viscérale symptomatique.
Grossesse, allaitement et fertilité
- À qui il s’adresse : Piqray est indiqué chez les hommes et les femmes ménopausées et ne doit pas être utilisé chez les femmes qui sont enceintes, qui peuvent l’être ou qui allaitent.
- Risque pour le fœtus : les études chez l’animal et le mécanisme d’action montrent que l’alpélisib peut nuire au fœtus en développement. Des études embryo-fœtales chez le rat et le lapin ont montré une embryotoxicité, une fœtotoxicité et une tératogénicité. Il n’existe pas de données sur l’utilisation chez la femme enceinte, et Piqray n’est pas recommandé pendant la grossesse ni chez les femmes en âge de procréer qui n’utilisent pas de contraception.
- Contraception et test de grossesse : les femmes en âge de procréer qui prennent Piqray doivent utiliser une contraception efficace (par exemple une méthode à double barrière) pendant le traitement et pendant au moins 1 semaine après, et leur statut de grossesse doit être vérifié avant le début du traitement.
- Hommes : les patients de sexe masculin dont la partenaire est enceinte, peut-être enceinte ou susceptible de le devenir doivent utiliser un préservatif lors des rapports sexuels pendant la prise de Piqray et pendant au moins 1 semaine après.
- Allaitement : on ne sait pas si l’alpélisib passe dans le lait humain ou animal. Piqray ne doit pas être utilisé par les femmes qui allaitent.
- Vijoice : voir la rubrique 4.6 du RCP de Vijoice pour les recommandations applicables aux patients atteints de PROS.
Sodium
Piqray contient moins de 1 mmol de sodium (23 mg) par comprimé pelliculé, c’est-à-dire qu’il est essentiellement sans sodium.
Effet sur la conduite
Piqray a une influence mineure sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Les patients qui se sentent fatigués ou qui ont une vision trouble doivent être prudents.
Conditions de conservation
Les comprimés de Piqray et de Vijoice ne nécessitent aucune condition particulière de conservation. Piqray est fourni en plaquettes PVC/PCTFE/aluminium, avec 14 comprimés par plaquette. Tenir hors de la vue et de la portée des enfants.
Durée de conservation
Piqray : 4 ans. Vijoice : 3 ans. Ne pas utiliser après la date de péremption indiquée sur l’emballage.
Conditions de délivrance en pharmacie
Sur ordonnance uniquement (Rx). Piqray est soumis à une prescription médicale restreinte : le traitement est instauré par un médecin expérimenté dans les traitements anticancéreux, après confirmation d’une mutation de PIK3CA. Vijoice est instauré par un médecin expérimenté dans la prise en charge du PROS. Les deux sont pris à domicile sous forme de comprimés ; ils sont donc fournis au patient ou à la clinique qui le traite sur ordonnance.
Médicaments apparentés
Autres principes actifs de la même aire thérapeutique ou de la même classe pharmacologique.
Abémaciclib
Inhibiteur de CDK4/6 (inhibiteur de protéine kinase)
Abiratérone
Inhibiteur de CYP17 (inhibiteur de la biosynthèse des androgènes)
Acalabrutinib
Inhibiteur de la BTK (inhibiteur de protéine kinase)
Acide folinique
Folate réduit (détoxifiant pour traitement antinéoplasique)
Acide ibandronique
Bisphosphonate (inhibiteur de la résorption osseuse)
Acide lévofolinique
Folate réduit (isomère actif de l'acide folinique)
Avis important
Les informations fournies sur ce site Web ont uniquement un caractère informatif et éducatif général et ne constituent ni un avis médical, ni un diagnostic, ni une recommandation thérapeutique. Ces informations ne remplacent pas la consultation d'un professionnel de santé qualifié. Demandez toujours l'avis de votre médecin, pharmacien ou autre professionnel de santé qualifié pour toute question concernant un état médical ou un médicament. Ne négligez jamais un avis médical professionnel et ne tardez pas à en solliciter un en raison d'informations lues sur ce site. La disponibilité des produits, les indications autorisées et les informations de prescription peuvent varier selon le pays. De nombreux médicaments répertoriés sont soumis à prescription ; lorsqu'une ordonnance est requise, elle doit être valable dans le pays de destination, et les produits doivent être utilisés sous surveillance médicale. Nous n'approvisionnons, n'expédions ni ne référençons aucune substance soumise à la loi autrichienne sur les stupéfiants (Suchtmittelgesetz, SMG) ou à toute réglementation internationale équivalente.
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Source des informations
Ces informations produit sont fondées sur :
DrugBank — Alpelisib (DB12015); EMA SmPC — Piqray and VijoiceDernière révision :
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